Orange : «Cibler les pays émergents»

Orange : «Cibler les pays émergents»

France Télécom Orange veut passer de 200 à 300millions de clients d'ici à cinq ans en se développant en France et dans les pays émergents. Entretien avec Stéphane Richard, son nouveau directeur général, de passage à Brest, pour l'inauguration d'une boutique.



Est-il judicieux pour Orange de cibler les pays émergents?

Le mobile est un phénomène universel et planétaire. Aujourd'hui, il y a cinq milliards de téléphones mobiles dans le monde. Plus des deux tiers appartiennent à des habitants des pays pauvres. Dans un pays comme le Bangladesh, le taux de pénétration du téléphone mobile est de 70%. En Égypte, où Orange est le premier opérateur, il est de 90%.


Dans certains pays, il y a encore de la croissance à aller chercher. Dans les autres, où la diffusion de la mobilité est déjà importante, de nouveaux services restent à créer.





Quels genres de services pouvez-vous créer?

Le mobile banking, par exemple, c'est-à-dire les transactions bancaires à partir du téléphone mobile. Dans la plupart des pays d'Afrique, la population n'est pas bancarisée. Avec quelques applications intelligentes et des réseaux à haut-débit, on peut proposer à toute une frange de cette population l'accès à des services bancaires, des paiements à distance, d'une façon simple et compétitive. Cela se développe d'ailleurs très vite.


Combien de clients avez-vous aujourd'hui en Afrique?


Orange a 20millions de clients en Afrique

. Le revenu moyen de ces clients est évidemment faible.


Quid de vos marges dans ces pays?

Notre taux de marge, dans nos implantations africaines, est supérieur à celui que nous avons en Europe. À partir du moment où l'on propose des services de communication, simples et bon marché, on réussit.


Après la vague terrible de suicides cette année, comment redresser l'image de l'entreprise?


Ce n'est pas une question de communication mais de jugement progressif de nos clients, des médias, des opinions publiques. On ne va pas faire une grande campagne pour dire qu'on est formidable... L'image ne sera que la résultante des actions que nous allons mener dans le cadre du plan Conquête 2015 (plan stratégique à 5 ans annoncé en juillet; NDLR).

Il comporte d'ailleurs tout un volet commercial qui va se traduire par des innovations mais aussi par une posture différente vis-à-vis de nos clients. On veut miser sur l'honnêteté, la transparence. Nous allons arrêter par exemple, d'abuser du terme ?illimité ?dans nos forfaits. Car aujourd'hui, il y a une surenchère qui devient un peu ridicule. Cette transparence vis-à-vis de nos clients, elle doit aussi impacter l'image. Bien sûr que l'on a besoin de redresser celle-ci. Nous devons regagner la confiance.




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