Jean-Philippe Donzé
Co-président A&CP Lorraine (architecture et commande publique)
Suite à la publication des règles thermiques (RT) 2012, les premiers chiffres montrent que le prix des bâtiments devrait augmenter de 15à 20%. Comment allez-vous faire face, puisque la maîtrise d'ouvrage va serrer les coûts au niveau de la maîtrise d'oeuvre ? Le chiffre de 15 à 20 % d'augmentation me paraît exact. Mais actuellement, on se focalise beaucoup trop sur la notion de performance thermique et pas assez sur la performance écologique. En serrant les coûts, la maîtrise d'ouvrage publique a souvent perdu de vue la notion de bâtiment sain. On pourrait prendre comme exemple la pollution de l'air intérieur, où l'on découvre que même les écoles sont envahis par les COV. C'est le résultat de la recherche du coût le plus bas. Des études montrent que si on investit 1 à l'instant T, le bâtiment coûtera 200 sur 30 ans. En investissant 1,5 au départ, on peut ramener le coût à 160 sur 30 ans. Souvent dans la comptabilité publique, le coût de fonctionnement d'un bâtiment est sur un autre budget. Du coup, le raisonnement autour du coût n'est pas global.
Le problème n'est donc pas technique ? On sait déjà construire selon les RT 2020. On construit selon les RT 2012 depuis cinq ans. Nous avons déjà anticipé cette manière de travailler.
Est-ce que l'association A&CP Lorraine joue son rôle de veille en alertant les élus? Nous voulons éviter d'apparaître comme un gendarme. Car notre rôle est bien de conseiller, pour intervenir en amont. Trop d'élus ne savent pas encore que notre conseil est gratuit dans le cadre d'un marché à procédure adaptée. On estime que près de 75% des Mapa sont encore entâchées d'irrégularités.
- TROIS QUESTIONS À