Le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes est-il sérieusement remis en question? Il faut attendre encore quinze jours avant de connaitre la décision de la cour administrative mais le projet est bien remis en cause par le rapporteur public qui a donné son avis ce lundi. Un avis généralement suivi par la justice administrative.
La magistrate, Christine Piltant, estime que la construction de ce nouvel aéroport nantais entraînerait « une dégradation certaine des milieux aquatiques ». Elle ajoute qu'il existait par ailleurs une "alternative avérée" à Notre-Dame-des-Landes, avec l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique.
Christine Piltant estime que la construction d'un aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes, une zone humide à 98%, en tête "de trois bassins versants", causerait une « dégradation certaine des masses d'eau ». Elle a préconisé l'annulation des jugements du tribunal administratif de Nantes qui ont validé en juillet 2015 les deux arrêtés pris par le préfet de Loire-Atlantique le 20 décembre 2013.
« Peut-on vivre sans eau ? La réponse est non »
Il existe également une « alternative crédible » et avérée, celle du réaménagement de l'actuel aéroport, Nantes-Atlantique, a souligné la magistrate. Sur le long terme, ce réaménagement, « présente des inconvénients moins dommageables » que la construction d'un nouvel aéroport, a ajouté le rapporteur public. Nantes-Atlantique n'est « pas l'aéroport idéal ». Mais « peut-on vivre sans aéroport idéal ? La réponse est oui. Peut-on vivre sans eau ? La réponse est non », a conclu Christine Piltant
Dès le début de l'audience, le rapporteur, avait tenu à proclamer son indépendance vis-à-vis du pouvoir. «Ceux qui pensent que le rapporteur public peut être influencé par des pressions du gouvernement connaissent bien mal la justice administrative. »