Neopolia : Le jeu collectif à la nazairienne a rapporté 80 millions d'euros aux PME
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Neopolia : Le jeu collectif à la nazairienne a rapporté 80 millions d'euros aux PME

C'est devenu l'un des clusters qui fait référence en France. Depuis 2009, Neopolia a apporté 80 millions d'euros de chiffre d'affaires aux PME membres. Pourtant, cela ne va pas forcément de soi de faire travailler ensemble des PME qui tiennent à leur indépendance et qui sont parfois concurrentes.

Que ce soit sur ou en dehors des terrains de football, on vante souvent les mérites du jeu collectif à la nantaise. D'un point de vue économique, le jeu à la nazairienne est tout aussi efficace. Avec Neopolia, les industriels nazairiens ont en effet réussi à créer un réseau puissant - 168 PME adhérentes - et qui fonctionne à plein régime pour aller chercher des marchés. Le cluster a ainsi récemment gagné les commandes d'un navire de croisière de dix millions d'euros pour CroisiEurope, de l'aménagement intérieur des voitures bars de la SNCF ou d'une ligne de production pour Aerolia. À Saint-Nazaire, on mesure non sans satisfaction le chemin parcouru depuis 1999, date de la création de ce qui s'appelait à l'époque le Pôle marine et qui regroupait alors uniquement des sous-traitants de la navale. Depuis, Neopolia s'est ouvert à d'autres secteurs comme l'aéronautique, le ferroviaire, l'oil & gaz et les énergies marines. On y retrouve la plupart des dirigeants de PME industrielles de la région nazairienne comme Loïck Anger (Besné Mécanique), Hervé Germain (Mapac) ou Pascal Lemesle (Bureau Mauric). « Nous sommes uniques en France, dans le sens où nous sommes le cluster le plus abouti », assure Gwénaël Maubert, délégué général de Neopolia. Un chiffre illustre ce propos. Depuis 2009, Neopolia a généré 80 millions d'euros de chiffre d'affaires aux entreprises membres.




Paris frappe à la porte

Du coup, les méthodes du cluster intéressent. Le conseil régional d'Ile-de-France est ainsi venu frapper à la porte de Neopolia pour dupliquer le savoir-faire nazairien au cluster Réseau Business Francilien. Alors, comment réussit-on à faire travailler ensemble des PME qui tiennent à leur indépendance et qui peuvent parfois être concurrentes ? Neopolia fonctionne en réalité comme plusieurs mini-groupes d'entreprises positionnés sur un marché. Pour bien valider les apports de chacun, Neopolia dresse d'abord des « matrices de compétences », listant les certifications, les moyens industriels, les références. « C'est le bilan précis de ce que peut faire une entreprise », résume Gwénaël Maubert. En additionnant les compétences et les moyens industriels de toutes les PME, ces mini-groupes deviennent capables de construire un navire de passagers, des équipements de forage, des sous-ensembles mécaniques ou des outillages. Il devient alors possible de construire une offre marketing et commerciale, que porteront aussi bien les commerciaux de l'association de huit salariés que les entreprises adhérentes.




Vers du co-développement

L'offre constituée, reste à gagner et se répartir les marchés. « Parfois, notre rôle se limite à diffuser une consultation de marché à nos adhérents. Mais la plupart du temps, on réunit ceux qu'un marché intéresse autour d'une table et on dit qui y va et qui n'y va pas. Et une entreprise "leader" se charge d'organiser l'offre », explique Jean-Claude Charrier, président du réseau qui a succédé l'an passé à l'emblématique Jean-Claude Pelleteur. Cette répartition des affaires semble s'opérer sans trop de heurts. « En quinze ans, le conseil d'administration n'a eu à faire qu'un seul arbitrage. Chez Neopolia, chacun y trouve son compte. C'est un vrai tour de force. Les PME ont compris que l'essentiel, c'est que le business reste dans les Pays de la Loire », assure Jean-Claude Charrier. À ces deux schémas d'intervention traditionnels, Neopolia tente aujourd'hui d'en ajouter un troisième. Le cluster essaie en effet d'être davantage dans une optique de co-développement avec les donneurs d'ordres. « Le but est de travailler avec les clients en amont sur leurs besoins, d'orienter leurs choix techniques et de ne plus simplement recevoir un cahier des charges », explique le président du cluster. Des relations de ce genre ont déjà eu lieu avec STX, pour une sous-station électrique, ou avec Alstom, pour un marché dans l'éolien marin. Les dirigeants de Neopolia comptent aujourd'hui multiplier cette approche avec d'autres donneurs d'ordres à qui les entreprises du réseau n'ont plus rien à envier en termes de taille. Réunies, les PME de Neopolia emploient 13.000 salariés et pèsent 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires.

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