Un véritable partenariat. Et non plus une simple relation de donneur d'ordre à sous-traitant. C'est ce qu'ont expérimenté dans le cadre de la réalisation du patrouilleur Adroit certains des fournisseurs et prestataires de DCNS. Le groupe a investi dans ce projet 30millions d'euros, prélevés sur ses fonds propres. 50% de la charge a été assumée par une cinquantaine d'entreprises comme Schiebel (drone) ou Linkschrets (aide à l'appontage). Des entreprises qui se sont improvisées investisseurs. «Dix d'entre elles ont mis à disposition du matériel pour construire ce bateau, à travers lequel elles pourront par la suite faire la promotion de leur savoir faire», explique un porte-parole de DCNS. «40 autres sont des co-réalisateurs, payés en fonction de certaines conditions comme les délais de production.»
Pièces détachées gérées
«DCNS a essayé d'incorporer le maximum d'innovations sur une conception qui se rapproche de celle d'un chantier civil», résume Jean-Baptiste Coussot, chargé d'affaires chez le distributeur et mécanicien Ateliers Normand à Lorient. «Nous avons aidé à ce que la mayonnaise prenne. Facilitant la communication entreDCNS, Finnøy et ABC, respectivement basés en Norvège et en Belgique et en charge de la ligne propulsive et du moteur.» Les Ateliers Normand, qui étaient aussi en charge de la gestion des pièces de fournisseurs stockées chez DCNS, ont vendu à la firme un forfait. Qui devait correspondre le plus possible avec les 2.000 à 2.500heures que le contrat a nécessité. «C'est à nous de rester dans les clous», souligne Jean-Baptiste Coussot. «En tout cas, ce chantier nous ouvre des portes dont nous ne disposions pas jusqu'alors en maintenance sur moteurs et vers le monde militaire.» Mêmes perspectives pour le spécialiste de l'électricité Barillec, basé à Concarneau mais doté d'un bureau à Lorient. «Ce projet peut nous amener du travail et des ouvertures vers les marchés internationaux depuis le Morbihan», explique Bruno Libert, ingénieur d'affaires chez Barillec.
«Dimensionné pour nous»
D'autant que les commandes de navires de guerre se font rares pour DCNS Brest. «À Lorient, notre équipe est dédiée à l'installation à bord», remarque Bruno Libert. «Dans le cas de l'Adroit, nous avons réalisé les tableaux, les études, le tirage de câbles, les raccordements, les centrales d'alarmes, les systèmes de communication intérieurs et les pupitres passerelles. Soit un large panel d'intervention, idéal pour la dimension de notre structure.» Avec 30millions d'euros de chiffre d'affaires et 166 personnes à l'effectif sur le dernier exercice connu, Barillec a mobilisé sur ce programme 25 personnes au pic d'activité. Pour environ 20.000heures de travail. «Ce projet nous a beaucoup plu, nous nous sommes sentis intégrés à toute l'équipe DCNS», affirme Bruno Libert. «Malgré des jalons très serrés. D'ailleurs, l'objectif d'aller en mer fin juillet va être difficile à tenir.»
Sous-traitance A Lorient, la mise en oeuvre par DCNS du patrouilleur Adroit a nécessité de faire appel, sous des formes nouvelles, à des PME bretonnes.