Wirquin s'apprête à augmenter ses investissements. Le fabricant nantais d'accessoires sanitaires prévoit une enveloppe de 20 millions d'euros à injecter d'ici à 2020. « Cela représente une hausse de 20 % de nos investissements », indique Gwenhaël Le Coënt, vice-président de cette entreprise de 1.400 salariés qui fabrique des mécanismes de chasse d'eau, des abattants de WC, des systèmes de vidage ou des flexibles.
Modernisation industrielle
Pour Wirquin, l'un des enjeux consiste à moderniser ses usines, présentes dans six pays (France, Russie, Angleterre, Russie, Roumanie, Chine et Afrique du Sud). « En automatisation, on va tenter de nous améliorer, avec un premier test en Angleterre », indique Gwenhaël Le Coënt, qui dirige l'entreprise familiale avec Grégory, l'un de ses frères. Employant 300 salariés à Nantes, l'industriel va aussi plancher sur sa digitalisation. « Il n'est pas question pour nous de concurrencer nos clients en lançant un site d'e-commerce, mais de travailler sur des outils de communication interne ou de service clients », indique Gwenhaël Le Coënt. Enfin, une partie de l'enveloppe doit permettre à Wirquin de continuer à lancer de nouveaux produits. Cette année, le Nantais en prévoit une quinzaine. En janvier, Wirquin vient ainsi de mettre sur le marché une bonde couplée d'un siphon. Faisant l'objet de deux brevets, l'ensemble se revendique le plus compact du marché, et met en avant des facilités de montage et de nettoyage. « L'innovation reste notre marque de fabrique. Les sanitaires ne sont peut-être pas un secteur d'activité qui fait rêver les gens. Mais il est possible d'imaginer plein de choses », assure Gwenhaël Le Coënt. Plusieurs inventions de Wirquin sont ainsi venues des best-sellers, comme les mécanismes de chasse d'eau à double touche (le « trois litres, six litres ») ou les systèmes de fermeture des clapets de lavabo par simple pression.
International : le revers de la médaille
À l'avenir, Wirquin ne s'interdit pas de sortir de ses marchés traditionnels - les accessoires sanitaires-, afin de proposer des solutions complètes. « On réfléchit à fabriquer la cuvette, le lavabo ou la douche de demain. On le fera à condition d'offrir de nouvelles solutions techniques à ces produits », confie Gwenhaël Le Coënt. Alors que le marché du bâtiment vit des heures sombres, Wirquin, qui commercialise ses produits auprès des grandes surfaces de bricolage, des magasins réservés aux plombiers et des industriels, continue d'enregistrer de la croissance. Même si, pour la direction de l'entreprise, « 2015 n'est pas un bon cru ». À 130 millions d'euros, le chiffre d'affaires progresse de 2 %. Les frères Le Coënt tablaient sur 5 % de croissance, mais ont dû faire face à une baisse de l'activité en Angleterre et à une stagnation du marché français. L'Hexagone représente 40 % des ventes de l'entreprise qui distribue ses produits dans environ 70 pays. La forte internationalisation de Wirquin « permet d'entrevoir l'avenir avec une certaine sérénité », assure Gwenhaël Le Coënt. Mais elle peut aussi parfois jouer des tours. En 2015, Wirquin a pâti des taux de change. « On a été très pénalisé par les taux de change entre le dollar et l'euro et entre le rouble et l'euro. Cela nous coûte deux points de marge. Si on neutralisait les monnaies, on améliorerait de 30 % notre résultat net », indique Gwenhaël Le Coënt, qui assure que le résultat 2015 du groupe nantais reste dans le vert. À périmètre contant, celui-ci espère gagner 35 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2020. De nouvelles opérations de croissance externe - la dernière a eu lieu en Russie en 2013 - pourraient d'ici là avoir lieu. Mais pas dans l'immédiat. « On a la capacité financière pour racheter de nouvelles usines. On regarde toujours des cibles et on vient d'ailleurs de décliner une offre. Mais je pense que dans un premier temps, on a un gros travail d'homogénéisation à mener. Jusqu'à présent, Wirquin c'était une multitude de filiales », indique Gwenhaël Le Coënt. Le vice-président de Wirquin veut lui constituer un groupe.
Fabriquant des accessoires sanitaires, Wirquin se prépare à investir 20 millions d'euros, notamment dans l'automatisation de ses usines et sa digitalisation. Dans un contexte compliqué, le groupe de 1.400 salariés continue de croître.