Une page va se tourner en mars prochain à Nantes à l'occasion des municipales. Les Nantais vont se choisir un nouveau maire, après plus de 20 ans de règne de Jean-Marc Ayrault à la tête de la sixième ville de France et un intermède de 18 mois assuré par Patrick Rimbert, suite à la nomination du patron de la gauche nantaise à Matignon. Quel bilan pour l'action économique de Jean-Marc Ayrault à Nantes ? Éclairage au travers des dossiers majeurs.
- L'attractivité
C'est incontestablement la grande réussite de Jean-Marc Ayrault. Selon le cliché commun, Nantes, « la belle endormie », s'est réveillée au cours des 25 dernières années. Cette nouvelle attractivité de Nantes au plan national résulte d'une habile communication avec le fameux slogan « Nantes, l'effet côte Ouest », qui a contribué à drainer de nouveaux habitants ; plus de 10.000 par an sur la dernière décennie. Nantes a également trusté les premières places des fameux palmarès nationaux des villes où il fait bon vivre. À la clé une nouvelle image pour la ville, dopée par ailleurs par sa politique culturelle (Royal de Luxe, Les Machines, etc.). « Nantes s'est forgée une nouvelle image et est devenue attractive pour les entreprises. Il ne faut pas non plus oublier l'arrivée du TGV qui a contribué à cette attractivité, ainsi que le dynamisme des entreprises locales », indique Jean-François Gendron, président de la CCI de Nantes Saint-Nazaire. Un bémol toutefois : Nantes veut exister au niveau européen depuis plusieurs années. Pour le moment sans succès.
- Rapport avec l
es entreprises
Les chefs d'entreprise sont quasi-unanimes à ce sujet
: ils avaient l'oreille de Jean-Marc Ayrault. « Il y a toujours eu un respect du monde économique. Avec la municipalité, on a toujours su se mettre autour d'une table pour échanger et faire naître des projets comme le rapprochement avec Saint-Nazaire. Cette capacité à travailler ensemble n'existe pas toujours ailleurs, notamment à Rennes », souligne Jean-François Gendron.
- Le commerce
C'est un des points noirs du bilan économique de Jean-Marc Ayrault à Nantes. Au cours des 20 dernières années, les centres commerciaux de périphérie n'ont cessé de se développer, le commerce de centre-ville pesant tout juste 15 % de l'activité commerciale à l'échelle de l'agglomération. Loin des 20 à 25 % affichés par les autres grandes villes.
- La fiscalité
En matière de CFE
(Cotisation foncière des entreprises), Nantes ne fait pas partie de bons élèves au plan national. À l'échelle de l'agglomération nantaise, la CFE par habitant se montait à 118 euros, en hausse de 6,5 % sur un an, au-dessus de la moyenne de notre panel des collectivités qui s'établit à 107 euros (lire ci-contre).
- Zones d'activités
De nombreux chefs d'entreprise pointent du doigt le fait que les zones d'activité de Nantes et de l'agglomération ne sont pas suffisamment desservies par les transports en commun pour les salariés. Il existe par ailleurs de grandes disparités au niveau de la qualité architecturale de ces zones.
- Tourisme
Depuis plusieurs années, Nantes affiche l'objectif de devenir une destination touristique en misant notamment sur la culture et la biennale Esturaire. Les résultats sont mitigés au regard de l'investissement public. « On fait beaucoup de choses pour faire parler de Nantes, mais c'est toujours de l'événementiel. Il faudrait quelque chose de pérenne
et d'envergure. Regardez le succès du musée Guggenheim à Bilbao », souffle Jean-François Gendron.
A l'heure où Nantes et sa métropole s'apprêtent à changer de patron, quel bilan tirer de l'action économique de Jean-Marc Ayrault à Nantes ? La ville s'est considérablement transformée sous l'action de son ancien maire, mais des chantiers restent en supens.