« Courant janvier, on a reçu un appel de l'Élysée nous demandant si nous voulions participer à la délégation officielle qu'allait conduire François Hollande deux semaines plus tard en Inde.
« Je n'ai pas cru à un canular »
Je n'ai pas cru à un canular parce que l'Inde est un pays où nous sommes assez actifs et où nous entretenons de bonnes relations avec l'ambassade de France. Réalisant un peu moins de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires et employant 180 salariés, Lumiplan est présente depuis cinq ans en Inde à travers une filiale qui emploie une vingtaine de personnes à Bangalore. Notre implantation comprend un centre de développement logiciel et des activités commerciales. L'entreprise réalise des panneaux d'information lumineux pour les villes ou des systèmes informant les voyageurs prenant le bus ou le tramway. Nous avons aussi une gamme montagne (NDLR, avec notamment des plans électroniques de pistes de ski). L'Inde est pour nous un marché clé. Ce n'est que notre troisième pays à l'export - nous réalisons 15 % de notre chiffre d'affaires hors de France - derrière l'Algérie et la Malaisie, mais le potentiel est gigantesque. La seule chose, c'est qu'il nous faut faire preuve de beaucoup de pédagogie pour montrer l'efficacité de nos solutions. En 2013, nous avons mené un projet qui a eu une bonne résonance en Inde, en mettant en place un système d'aide à l'exploitation des réseaux de bus. Pour ce projet, nous avons été soutenus par un Fasep (NDLR, Fonds d'étude et d'aide au secteur privé), une avance remboursable du gouvernement français.
Le rôle de l'ambassade
Ce projet a généré derrière d'autres succès commerciaux et depuis, nous avons de bons liens avec l'ambassade de France. Je suppose que c'est grâce à cela que nous avons participé au voyage présidentiel. L'Élysée a dû demander à l'ambassade des PME présentes en Inde. Je constate que la diplomatie française est devenue sous l'impulsion de Laurent Fabius plus active sur le plan économique. On est resté quatre jours sur place. La délégation était assez fournie, une centaine de personnes environ. Parmi eux une trentaine de représentants d'entreprises, patrons du Cac 40 - il y avait ceux de Thalès, de la SNCF ou d'Alstom - et de PME. La délégation comportait aussi d'autres personnes, du monde culturel notamment. On a atterri à Chandigarh, une ville construite par Le Corbusier, où on nous a dressés un panorama économique de l'Inde. Puis, très vite, le protocole a démarré, avec les discours de François Hollande et du premier ministre indien Narendra Modi. Nous avons notamment participé à la signature d'un contrat avec une compagnie publique indienne. Lumiplan a fait partie des neuf entreprises françaises signataires, aux côtés notamment de Thalès et de Dassault Systèmes. Cette signature, qui était depuis plusieurs mois dans les tuyaux, s'inscrit dans le cadre du programme « smart cities » du gouvernement indien.
La demande de Hollande
Cet accord cadre devrait déboucher sur des marchés dans douze à vingt-quatre mois pour nous, en matière d'outils d'optimisation de l'offre de transport ou de solutions d'information voyageurs. Avant de s'entretenir en privé avec Narendra Modi, François Hollande s'est adressé à la délégation française. « Quels messages voulez-vous que je passe au premier ministre indien ? », a demandé le président. Beaucoup d'entreprises françaises - c'était aussi mon message - ont fait part au président de la lourdeur bureaucratique de l'Inde. Là-bas, tout va très très lentement !
Accélérateur de business
Les jours suivants, nous avons participé à plusieurs visites, rencontré différents ministres indiens. Une bonne occasion pour moi d'améliorer les relations avec les pouvoirs publicslocaux et de pousser nos dossiers en cours. Aujourd'hui, je me rends compte que, sur certains dossiers, les choses tendent à s'accélérer. Le voyage présidentiel nous a donné un coup de boost en plus d'être très positif en termes d'image et de crédibilité. Il a aussi permis de nouer des relations avec d'autres dirigeants français, qu'ils soient à la tête de PME ou de grands groupes avec qui nous travaillons, comme Alstom par exemple. Et puis, voyager avec le président de la République, c'est une petite expérience en soi. Cela n'arrive pas tous les jours. On s'est même parlé. Pas longtemps, deux minutes. Assez pour lui présenter rapidement Lumiplan. »
Lumiplan
(Saint-Herblain) Directeur général : Henry Gaillard 180 salariés 30 millions d'euros de CA 02 40 92 15 43 http://lumiplan.com