Nantes 7 : Manoeuvres autour de la reprise
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Nantes 7 : Manoeuvres autour de la reprise

Télénantes est toujours le seul repreneur déclaré de sa voisine de canal Nantes 7, placée en redressement judiciaire le 2septembre. Mais une jeune société, TV Loco, semble également se positionner sur le dossier alors que Jean-Luc Nelle, un de ses principaux actionnaires, dément pourtant vouloir s'engager comme acheteur. Par Sébastien Payonne et Philippe Créhange





Patron de TV Rennes 35 et Tytélé, actif au niveau national avec le GIE Télévisions locales associées, Jean-Luc Nelle - également président de l'Union des Télés locales de service public - se défend d'être repreneur potentiel de Nantes 7 malgré l'offre de TV Loco, dont il est actionnaire. Mais il ne rechigne pas à donner ses idées sur la façon de sauver la chaîne.


Que vous inspirent les déboires de Nantes 7, qui a déposé le bilan?

D'abord, le projet nantais a une histoire qu'on ne peut pas balayer d'un revers négligent de la main. Mais compte tenu de la crise, de l'histoire des télévisions locales, cela ne favorise pas le modèle de partage de fréquence comme c'était le cas pour Nantes 7 (qui partageait une fréquence avec l'associative Télénantes, NDLR).


Quelle est la solution pour sauver cette chaîne?

À Nantes comme ailleurs, on ne trouvera une issue que dans la mixité.


Vous êtes donc favorable à un rapprochement de Nantes7 et Télénantes, qui s'est positionnée comme repreneur?

J'ai essayé de pousser des actionnaires à se positionner au cas où il y aurait besoin de compléments. Si pour pouvoir sortir par le haut le projet de Télénantes a besoin d'un coup de main, j'essaierai de faire ce qu'il faut.




Vous êtes donc en contact avec Télénantes?

Par nature, je suis en contact avec tout le monde.


On vous cite comme possible repreneur de Nantes7, ce n'est donc pas la réalité?

On en a trop dit. Je ne suis pas le repreneur possible. En revanche, je ferai ce qu'il faut pour rassembler.


Si Télénantes n'était pas intéressée par votre offre de rapprochement avec des privés, quelle serait votre position?

Si Télénantes n'était pas le premier à approuver cette perspective, il y a fort à parier que ça s'arrêterait là pour moi.


En France, de nombreux titres de presse quotidienne régionale sont associés au capital de télévisions locales. Pensez-vous que la presse écrite soit un partenaire naturel?

Si on se réfère à l'essentiel - le contenu - je suis persuadé que les télévisions locales ont plus à voir avec la presse qu'avec la radio. La radio, c'est une syndication par nature. Le coût d'accès au contenu est très faible. Tandis que la presse locale produit 100% de son contenu. De la même manière, la télévision locale est un média de proximité qui doit produire tout son contenu. Il y a donc un vrai rapport de proximité avec la presse écrite. Après, la presse locale doit-elle être le porteur de projet? Ce n'est pas une question de valeur mais de facteur de réussite. La presse est légitime si elle n'est pas toute seule.


Sur le plan capitalistique, en quel modèle croyez-vous pour les télés locales?

Je crois à des sociétés de ressources mixtes qui soient de vraies entreprises, avec de vrais actionnaires qui jouent leur rôle. Mais pour réussir l'économie mixte, il y a un certain nombre de conditions. Il faut que les élus aient la certitude que le projet n'est pas délocalisable, qu'il soit foncièrement local et qu'il assure sa mission de service public.


Vous avez lancé cette année Tytélé à Vannes. À Brest, Tébéo est sur les rails. Avec TV Rennes35, ya-t-il des rapprochements possiblesentre cette myriade de chaînes de l'Ouest?

Je suis fondamentalement persuadé qu'il y a une cohérence bretonne singulière qui fait qu'au-delà du projet rennais, l'ensemble du paysage breton pourrait fournir un modèle. Au-delà du modèle local, l'avenir de la télévision est dans la cohérence régionale. Avec très peu d'émetteurs (Vannes, Rennes et Brest), on couvre quasiment toute la Bretagne. Tout est réuni pour développer les échanges. Sur le plan technique, en terme de contenu...


C'est donc cela l'avenir?

L'avenir passera non pas par de la syndication nationale - qui part de la Tour Eiffel - mais par un schéma remontant, qui part du local et saura mettre en place des mutualisations.


Un exemple de celles-ci?

Un directeur technique par chaîne n'est par exemple peut-être pas nécessaire...

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