Pilotable via internet et depuis un smartphone, le badge connecté « My Jomo » diffuse des messages animés, des images et même des vidéos de quelques secondes, les fameux « Gif », afin de capter l'attention d'un interlocuteur sur un salon professionnel ou dans un magasin. « Sur le festival nantais du Web2day, un entrepreneur l'a porté avec la mention "on recrute des développeurs", le soir il repartait avec des CV dans les poches », raconte Florian Benejean, co-fondateur de My Jomo à Angers. Ça permet de briser la glace ».
Dans un magasin, le badge sert notamment à indiquer le nom du vendeur, à afficher les promotions... En fonction d'une stratégie, du public ou de l'environnement, etc. « Si la météo prévoit 0 degré demain, un commerçant vous dira peut-être : penser à acheter du baume à lèvres », imagine le startupper. Les possibilités dépassent toutefois largement le volet commercial. « Pourquoi ne pas connecter un badge à une canne pour les non-voyants ? Le message "aidez-moi à traverser" s'afficherait au moment où la personne arrive à un carrefour », conçoit-il encore. Démarrant sur un marché B2B, la start-up compte s'ouvrir au grand public à l'avenir. « L'outil sert avant tout à rapprocher les gens », note-t-il.
Le marché
My Jomo cible les grands comptes et franchises, les concepteurs d'événements, les parcs d’attractions, voire les organisateurs de speed dating. Lors d'une démonstration à l'école d'ingénieurs angevine Eseo, l'autre fondateur de la start-up, Enric Cailleau, portait ainsi un badge "je suis célibataire", déroulant en-dessous un compte à rebours égrainant les secondes. « Si le courant passe à la fin, le message se change en "kiss me" »... Ses premiers clients ? Des locaux comme des magasins Eram, la franchise de jeux vidéos Gamecash ou la concession automobile Mini à Angers. Objectif : couvrir d'abord la France en 2017, puis s'étendre en Europe, aux Etats-Unis, au Japon...
La levée de fonds
Ambitieux, les deux hommes anticipent un chiffre d'affaires de 700 000 euros fin 2017, à l'issu d'un premier exercice allongé. De quoi créer 8 à 10 emplois. « D'ici 2020, on espère employer plus de 30 salariés, commerciaux, développeurs, etc., pour un volume d'activité de 7 millions d'euros à cet horizon », annonce Enric Cailleau. En pleine négociation financière, la start-up entend boucler une levée de fonds « comprise entre 750 000 et 1,2 million d'euros d'ici février » pour booster son développement commercial. Coup de pouce, les créateurs viennent d'obtenir un prêt à taux zéro de 45.000 euros, ainsi qu'un accompagnement par un patron angevin, fournis conjointement par le Réseau Entreprendre du Maine-et-Loire et la Région Pays de la Loire.
Les hommes
Ingénieur spécialiste en logiciels, Florian Benejean, 34 ans, a travaillé chez Capgemini pour Airbus sur les appareils de simulation de vol, puis chez Sigfox en tant qu'ingénieur R&D. Avec son profil de designer industriel et d'architecte, Enric Cailleau (33 ans) a lui conçu des collèges, lycées, salles de concerts, etc., de la France jusqu'en Inde. Ce Toulousain et ce Nantais ont créé leur start-up à Angers. « L'écosystème angevin offre un beau réseau et se concentre sur l'objet connecté, tandis que Nantes mise surtout sur le Web... Et, là-bas, on aurait été noyé dans la masse », répond Florian Benejean.
Il insiste sur le gros travail de communication des acteurs locaux. « Le maire d'Angers, Christophe Béchu, porte régulièrement nos badges, la Ville nous a fourni un stand sur l'arrivée de l'étape du Tour de France cette année, etc. », raconte le néo-Angevin. L'accélérateur de start-up d'Angers French Tech lui a permis de passer « de l'idée à un prototype et à l'industrialisation du produit en cinq mois ». Né dans un garage, My Jomo pourrait bientôt prendre des bureaux à la Cité de l'objet connecté, à Weforge ou ailleurs dans l'écosystème numérique local.