Morbihan - Vietnam : Ces entrepreneurs qui foncent
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Morbihan - Vietnam : Ces entrepreneurs qui foncent

International Chimie verte, construction navale, banque, agroalimentaire... Nombreuses sont les activités à exporter leur savoir-faire en direction du Vietnam.

Le Vietnam est la prochaine destination du voyage d'étude du Medef Morbihan, en novembre prochain. Dans un pays dont 40% du PIB est contrôlé par le Parti communiste, les entreprises françaises ont une carte à jouer. D'autant que la Bretagne possède naturellement une bonne image. Certaines entreprises ont bien compris l'enjeu. C'est le cas d'Olmix, DCNS, la Société Générale, Gras Savoye ou Glon.




Composer avec la devise

Nourrir ce pays de bientôt 100millions d'habitants est une priorité. Hervé Balusson, P-dg d'Olmix à Bréhan, spécialiste des oligo-éléments naturels à destination, entre autres, de la nutrition animale, a saisi l'opportunité: «Nous avions recruté un stagiaire Lorientais, originaire du Vietnam. Aujourd'hui il est à la tête de 150 personnes dans notre filiale vietnamienne. Nous avons transformé l'essai.» Là où les banques sont à 75% détenues par l'État, les entreprises doivent faire face à une dévaluation exponentielle du Dong. La raison? «Le Vietnam importe plus qu'il n'exporte, l'équilibre doit donc se faire sur la devise», indique Raphaël Dressler, de la Société Générale, banque installée au Vietnam en 2009 par le biais de sa filiale SeABank.




Améliorer la compétitivité

Du coup, Olmix s'en est sorti grâce à la création de sa propre filiale sur place il y a dix ans. «Les Asiatiques aiment la technologie avancée, les produits naturels et consomment 15millions de tonnes d'algues, ce qui est notre spécialité», note Hervé Balusson. Un bon point qui a permis à Olmix d'éviter de dévaluer de 15 à 20% son chiffre d'affaires. Cette amélioration de la compétitivité est aussi au coeur de la stratégie de la filière navale au Vietnam. Pays de pêcheurs, le Vietnam tire avantage de 3.200km de côte, dynamisant une filière en plein essor depuis sa libéralisation il y a 15 ans. Situé au 8e rang mondial des constructeurs navals en 2007, le pays ambitionne de parvenir à la 4e place en 2015. Une volonté qui devrait profiter à DCNS, avec qui des partenariats existent, ou encore aux chantiers Piriou (29) qui sont implantés dans le sud du pays depuis 2005.






Rester maître chez soi

Grâce à Bretagne International et Glon, la filière porcine a pris de l'avance. «Sanders et EMC - entreprise minière et chimique d'état - ont beaucoup investi au Vietnam», explique Alain Glon. «Il fallait absolument que les Vietnamiens deviennent propriétaires de leur entreprise, c'était leur dernière chance de faire grandir leur agriculture et leur industrie agroalimentaire en dehors des multinationales. J'ai beaucoup oeuvré pour cela. En revanche, le rendement de la production de porcs n'est pas optimal. Quand on produit 27 porcelets ici, il n'en naît que 12 au Vietnam. Ce qu'il leur faut, c'est le transfert d'expertise.»




Différences culturelles

Pour Alain Glon, l'avenir des agriculteurs vietnamiens passera par la formation. «Toute l'Asie est acheteuse de formation!», assure-t-il. Des formations qui valent en Bretagne, entre 40.000 et 50.000euros. Mais impossible de faire payer ce prix aux Vietnamiens ni «de leur dire, car cela équivaut à deux vies de salaires.» Eux qui ont souvent trois métiers pour subvenir aux besoins de leurs familles. «Une boîte de lait en poudre infantile vaut 50euros, alors qu'un Smic en vaut 150! Avant d'être technique, le problème majeur pour créer des passerelles économiques entre la France et le Vietnam est culturel.»

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