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«Mon produit fonctionne sur la planète Mars»
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«Mon produit fonctionne sur la planète Mars»

LE Défi Le centre de R&D de l'éditeur de logiciels Wind River à Vannes fait partie de l'aventure Curiosity sur Mars. C'est ici qu'a été écrite une partie du code informatique embarquée sur le robot explorant actuellement la planète rouge.

«Notre système d'exploitation VX Works est actuellement utilisé par la Nasa dans le cadre de la mission Curiosity sur Mars. Il s'agit de notre produit principal, il est utilisé dans des systèmes de missions critiques. C'est ce qu'on appelle un produit sur étagère, ce n'est pas du sur-mesure même si on l'adapte aux demandes des clients. Il a déjà presque 25 ans et cela fait d'ailleurs plus de 20 ans que nous travaillons avec la Nasa: nous avons participé aux missions Mars Odyssey, Pathfinder...»




«Bouts de code à Vannes»

«À Vannes, en tant que centre de R & D, nous employons 30 personnes, ce qui ne pèse que 5% de la partie ingénierie de Wind River, sur un total de près de 1.700 personnes dans le monde. Mais les salaires de nos ingénieurs et les autres retombées économiques génèrent des millions d'euros pour le pays de Vannes. Et c'est ici, à Vannes, qu'ont été écrits des morceaux de code des programmes actuellement appliqués sur le robot. L'équipe Vannetaise a travaillé sur un interpréteur de commandes, un chargeur de modules ainsi que des outils de mise au point. C'est Mike Deliman de Wind River à Alameda en Californie qui sert d'intermédiaire entre nous et la Nasa.» «Cette opération est totalement déconnectée de notre rachat par Intel en 2009. Tout était déjà en place avant le rachat. Nous avions travaillé il y a six ans sur la version de VX Works utilisée sur Mars. Pour des applications robotiques de ce type, quatre à cinq années de développement sont nécessaires. Car dans le spatial ou l'aéronautique, les cycles sont assez longs. Avec la maintenance, dans l'avionique, on est même sur des cycles de vie de 30 ans. Alors que pour nos clients grand public, le travail de développement en amont oscille entre 6 et 18 mois.Sur les marchés de masse, si on rate une fenêtre de tir, on est obsolète avant même de commencer.»




«Pas le droit à la panne»

«Ceci dit, la version qu'utilise la Nasa est la même que celle que l'on retrouve dans certains routeurs ou téléviseurs.» «Nous avons pas mal travaillé avec eux car pour ce type d'applications, ils font un peu figure de pionniers. Pour nous, c'est aussi une espèce de vitrine car la Nasa a des contraintes techniques assez poussées concernant leur mode opératoire. La première, de taille, c'est que le logiciel n'a pas droit à la panne, il doit impérativement fonctionner car on ne peut évidemment pas venir le dépanner sur Mars. Heureusement, via les connexions au réseau, on peut mettre à jour à distance certains de ces modules.»




«Alignement planétaire»

«Ce miracle est rendu possible par le réseau Deep Space Network, qui permet une mise à jour un peu comme on rafraîchirait une application de smartphone. Et ce avec un débit de deux mégabits par seconde: c'est plus que certains ont chez eux avec l'ADSL! On utilise alors un des trois grands radiotélescopes dans le monde. Dans le cadre de Deep Space Network, on s'appuie sur les satellites autour de Mars et de la Terre. Ce réseau est aussi utilisé pour tous les vols spatiaux. Pour envoyer des informations vers Curiosity, on peut aussi passer par des modems 56 k mais sur une fenêtre de tir plus réduite de seulement quelques minutes par jour. Car il faut alors tenir compte de la problématique de l'alignement des planètes les unes par rapport aux autres et par rapport au soleil.»Wind River


(Vannes) Directeur du site: Philippe Maisonneuve Effectif: 30 personnes Chiffre d'affaires 2011 (Wind River France): 22,7 millions d'euros Tél.: 02 97 42 68 00.

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