Saint-Étienne
Molemab : « J'ai gagné la confiance de mon actionnaire »
Saint-Étienne # Industrie

Molemab : « J'ai gagné la confiance de mon actionnaire »

L'ENJEU. Nommé en 2007 à la tête de Molemab, Guido De Palma devait redresser la barre de la rentabilité du site stéphanois. Pari réussi.

« Molemab appartient à un groupe industriel italien, le groupe Maiolini, qui compte treize sites dans le monde. À Saint-Étienne, nous sommes spécialisés dans les produits abrasifs résinoïdes, c'est-à-dire des produits permettant de tronçonner et façonner tous types de métaux. Notre actionnaire vient de décider, pour des raisons de rentabilité, de fermer l'usine italienne de Brescia, exactement positionnée sur la même production que nous. D'ici au mois de décembre, nous allons ainsi récupérer une bonne partie de leur outil industriel : cinq presses, des fours... Nous allons créer, dans les prochaines semaines cinq ou six emplois et multiplier notre capacité de production par 1,5.




« Faire nos preuves »

« Cette pérennisation et ce renforcement du site stéphanois sont évidemment des excellentes nouvelles. Mais nous avons dû travailler dur, tous ensemble, pour aboutir à ce résultat. Nous avons fait nos preuves. Je suis arrivé à la tête de l'entreprise en 2007. À cette époque, nous disposions de belles marques mais nous vivotions. Les résultats financiers n'étaient pas mirobolants, voire même négatifs régulièrement. L'actionnaire s'en contentait car à côté de cela, Molemab s'était payé son bâtiment (5 M€) et son parc machines (2 M€). Mais la crise de 2008 nous a fait perdre 45 % de notre chiffre d'affaires du jour au lendemain. Nous avons dû faire un plan social. En deux ans, nous avons perdu 25 salariés. À l'époque, l'actionnaire m'a proposé de stopper la production et de garder uniquement la partie commerciale. C'est sûr, cela aurait été plus facile mais j'ai refusé car je croyais dans le potentiel de cette entreprise. Nous nous sommes donc mis très sérieusement au travail. Ça a été une période fatigante pour toute l'équipe, mais aujourd'hui nous sommes fiers.




Export et R & D

« Nous nous sommes attaqués à l'export et à la question de la R & D. Nous avons sorti des produits vraiment innovants en exploitant largement le Crédit impôt Recherche ! Et puis, nous avons prospecté à l'international. Aujourd'hui, nous réalisons 20 % à l'export. Je me suis battu aussi localement pour que les industriels de la région prennent enfin conscience qu'il est important de favoriser l'achat local. À quoi ça sert d'aller acheter à l'autre bout du monde pour économiser 1 centime d'euro par pièce ? Chaque année, nous avons progressé un peu. Et puis, l'année dernière, nous avons sorti notre premier résultat positif depuis 10 ans, de l'ordre de 10 %, malgré un investissement de 300.000 € dans une nouvelle presse. Tous ces efforts ont montré que nous n'étions pas résignés face à la crise. Ajoutés au redressement de la rentabilité et à une paix sociale absolue sur ce site, tous les ingrédients étaient réunis pour avoir toute la confiance de notre actionnaire.




De Molemab à Mab Tools

« Nous comptons bien poursuivre notre redéploiement. Nous allons mettre l'accent sur le marketing et le commercial. J'ai d'ores et déjà investi dans un directeur commercial de haut vol qui est en train de mettre en place une équipe commerciale forte. Depuis le 1er juillet, notre nom a évolué en Mab Tools, bien plus parlant à l'international. J'espère aller chercher 5 à 10 % de croissance à l'export rapidement. Je ne crois pas à une reprise immédiate du marché français, en revanche, on peut travailler sur l'optimisation des habitudes d'achat. Pour cela, nous allons développer l'aspect "Made in France" dans notre communication. J'espère faire un chiffre d'affaires de 5 M€ cette année. »

Molemab



(Saint-Étienne) Directeur général : Guido De Palma
CA 2012 : 4,5 M€ 35 salariés www.molemab.com

Saint-Étienne # Industrie