La troisième position qu'occupe Midi-Pyrénées dans notre classement des régions françaises les plus dynamiques n'est guère surprenante. Une hausse du PIB et de la population parmi les plus fortes de France entre 2004 et 2009, des investissements étrangers créateurs d'emplois, une dynamique d'innovation qui se traduit par un nombre important de brevets déposés ou encore un emploi salarié qui progresse bien plus que dans les autres régions: les indicateurs que nous avons retenus confirment la réalité des «arguments de vente» qui sont généralement mis en avant pour promouvoir le territoire et y attirer de nouvelles entreprises. Sans compter que la crise a plutôt épargné Midi-Pyrénées, comparé à la plupart des autres régions. Ce qui s'explique notamment par la bonne tenue de l'industrie agroalimentaire mais surtout celle du secteur aéronautique et spatial. Si les annonces faites récemment au Bourget laissent espérer quelques belles années pour Midi-Pyrénées, elles ne doivent pas masquer une réalité qui est celle de la mono-industrie et du déséquilibre entre Toulouse et le reste du territoire. Un constat que partage bien sûr Chantal Boucher, la directrice régionale de la Banque de France. Mais elle reste confiante sur la capacité de Midi-Pyrénées à diversifier son économie: «Les États généraux de l'industrie ont montré que d'autres forces sont en train d'émerger, telles que l'agroalimentaire ou la santé. Ces secteurs peuvent compter sur des pôles de compétitivité actifs qui ont compris l'intérêt de développer une dynamique de recherche et d'innovation sur l'ensemble du territoire. N'oublions pas non plus des filières comme celles du bois, du tourisme ou de l'immobilier qui ont encore beaucoup de complémentarités à exploiter avec les secteurs-phares de la région.» (photo: EXM Company / H. Goussé)ANALYSE RÉGIONALE