«Nous sommes atypiques. On s'intéresse aux moutons à cinq pattes», s'amuse Patrick Blanche, gérant de la Métallerie de l'Authion. L'innovation est l'acte fondateur de cette PME installé à Mazé. «1993 a été une année charnière, suite à un impayé de plus de 30% de notre activité. C'était l'arrêt ou la continuité. Nous avons présenté à Batimat (ndlr: salon international de la construction) des garde-corps aluminium soudés sans soudure apparente. L'accueil des professionnels a été bon. J'ai compris que c'était jouable. Qu'on pouvait travailler sur cette niche», se souvient-il. Patrick Blanche choisit alors de construire son outil de production «Pour récupérer la marge des sous-traitants. Et j'ai recruté un chef d'atelier qui a formé six soudeurs. Nous n'avons pas de centre d'usinage. Nous sommes de véritables couturiers du métal», explique le métallier. Et le bouche-à-oreille passe d'architecte en architecte.
Les couturiers du métal
Pour réaliser les «moutons à cinq pattes», la PMI s'appuie sur les techniques d'assemblage de la menuiserie bois, d'usinage de la menuiserie alu, de soudure de la métallerie. En somme, sur sa capacité à transférer des techniques et technologies d'autres domaines. «On s'est même inspiré des techniques de collage des pare-brise des camions, pour associer du verre à nos garde-corps. On s'ouvre pour trouver des solutions architecturalement différentes», confie-t-il. Des capacités de développement qui permettent aussi à la Métallerie de l'Authion de préparer les enjeux de la profession: réduire les coûts de production et trouver des solutions de pose adéquates aux nouveaux modes de construction. «Faire des choses qui n'ont jamais été faites. Des conceptions particulières. C'est ce qui me plaît», avoue Patrick Blanche.
Un bâtiment intrigant, en partie aérien. Un hall rouge et noir, un escalier en ellipse, autoporté, un sol en métal sombre, des garde-corps aux formes atypiques. Il y a de l'esthétique, de la recherche. C'est la Métallerie de l'Authion, à Mazé.