Nommé Médiateur du crédit avec pour mission de rétablir le contact entre banques et PME, René Ricol n'est pas réputé pour manier la langue de bois. Et lorsqu'il affirme, après avoir rencontré des dirigeants d'entreprises locales ayant eu recours à la médiation du crédit, que «l'on assiste aujourd'hui à un désengagement massif de l'assurance crédit pour un certain nombre de filières», le constat a valeur d'avertissement. Il reproche aux organismes d'assurance crédit, censés protéger les entreprises des risques d'impayés, de procéder à des décotes sectorielles en faisant fi des résultats financiers des entreprises de secteurs jugés à risques. Conséquence, certaines de ces sociétés se voient désormais contraintes de payer comptant leurs fournisseurs. Suite à ce rappel à l'ordre, les assureurs crédit se sont engagés auprès du gouvernement à étudier désormais les dossiers des entreprises au cas par cas et à prévenir celles qui seront décotées avec un préavis d'un mois. Pour pallier à ces problèmes d'assurance crédit, le dispositif Cap+vient d'être mis en place. Il est destiné à permettre la couverture, grâce à une garantie publique, des risques considérés comme non assurables dans la situation économique actuelle. Ainsi, les entreprises qui ont été récemment décotées, pourront retrouver une couverture d'assurance-crédit leur donnant accès au crédit interentreprises.
Les fonds d'investissement sollicités
Dans les Pays de la Loire, la mission de la médiation du crédit semble remplir son office. À la mi-avril, 489 entreprises régionales avaient saisi le médiateur des Pays de la Loire pour des problèmes de financements bancaires. 433 dossiers ont été acceptés pour un encours de 44,4M€, soit un taux de succès de 72%. À la clé, ce sont 1.657 emplois qui ont été préservés dans la région. Après ces premiers résultats positifs, René Ricol en appelle désormais aux acteurs du capital investissement. «Le crédit bancaire n'est pas une solution car cela coûte cher aux entreprises. Elles doivent donc accepter l'intervention d'un fonds d'investissement dans leur capital. Ces fonds doivent s'engager à rechercher des rentabilités inférieures à ce qui se pratiquait jusqu'alors», indique René Ricol. Un accord de partenariat national vient d'être signé dans ce sens pour le financement des besoins en fonds propres des entreprises. Des discussions sont en cours actuellement pour impliquer également la place financière régionale.
Après les banques, le médiateur du crédit fait pression sur les assureurs crédits pour qu'ils accompagnent davantage les PME.