Médecine du travail : Coup de tonnerre à Nantes
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Médecine du travail : Coup de tonnerre à Nantes

Santé Les dix représentants des 19.000 employeurs du SSTRN, service de médecine au travail de la région nantaise, démissionnent.

«On braille depuis cinq ansmais personne ne veut trouver une solution! La seule façon qu'on a trouvée pour attirer l'attention des pouvoirs publics, c'est de démissionner». C'est ce que vient de faire Jacky Berthaume, P-dg d'Erelec et président de la SSTRN, service de médecine du travail nantais. Les neuf autres représentants des employeurs ainsi que le directeur général de cette association de 230 salariés (20M€ de budget) font de même. Assurant le suivi médical de 230.000 salariés travaillant au sein de près de 19.000 entreprises adhérentes, le cinquième service interprofessionnel français de médecine du travail se retrouve ainsi sans pilote dans l'avion.




«Traité comme un malfaiteur»

À l'origine de ce spectaculaire claquement de porte, un constat: «On ne peut plus faire notre boulot», s'insurge Jacky Berthaume. La faute selon lui à des obligations légales qui augmentent et à des moyens humains qui se réduisent. «La moitié des médecins seront en retraite dans cinq ans et ne seront pas remplacés. À Carquefou par exemple, d'ici à 2012, quatre des six médecins vont partir. Il y a une pénurie de médecins en France et la médecine du travail fait partie des spécialités sinistrées», assure Jean-Pierre Dagneaux, directeur général démissionnaire de la SSTRN. «Le problème, enchaîne Jacky Berthaume, c'est que nous sommes pénalement responsables. L'administration nous dit:? si vos obligations ne sont pas correctement remplies, on n'ira pas vous embêter?. Mais à la première occasion, on nous tombe dessus. Mon confrère de Saumur, un chef d'entreprise bénévole comme moi, s'est retrouvé à cause de ça au commissariat de police! Traité comme un malfaiteur!». Le Parlement examine un projet de loi destiné à réformer la médecine du travail en France. «Ce projet ne fait qu'aggraver la situation. On va droit dans le mur», estime Jacky Berthaume. Celui-ci pense même que cette sortie de route est préméditée pour favoriser un autre projet. «Il y a un très fort lobby des syndicats de médecins du travail qui sont épaulés par des inspecteurs du travail. Certains veulent une médecine du travail étatisée», poursuit-il.




Militantisme anti-patronal

Qu'est-ce que cela changerait pour les entreprises? «Nous sommes une association financée par les entreprises. Nous leur proposons un service, un conseil. Certains médecins du travail, dont le militantisme anti-patronal est assez primaire, ne veulent plus de cela, mais entrer dans une logique de contrôles et de sanctions. C'est dommage d'idéologiser ce qui ne devrait être qu'un métier», explique Jean-Pierre Dagneaux. S'estimant jusqu'alors très peu écoutés par les politiques et les syndicats patronaux, les dix chefs d'entreprise ont donc tenté un dernier coup d'éclat. Et il semblerait que celui-ci porte ses premiers fruits: «On commence à avoir des retours», indique Jacky Berthaume, qui aura au moins réussi grâce à cela à obtenir une audition auprès de la commission des affaires sociales de l'assemblée nationale.

SSTRN



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