À Marseille, après les homériques primaires socialistes, les principaux candidats au poste de premier édile de la ville sont désormais connus. Jean-Claude Gaudin, le maire sortant, a récemment confirmé sa candidature. À 75 ans, le quarante-deuxième maire de Marseille briguera donc un nouveau mandat, espérant cette fois-ci unifier les pouvoirs entre la Ville et la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, aujourd'hui présidée par le socialiste Eugène Caselli, battu lors des primaires par Patrick Mennucci, de 16 ans plus jeune que son rival de l'UMP. Sans oublier que flotte désormais sur la Cité phocéenne le spectre de la Métropole, voulue par le gouvernement et à laquelle 109 des 119 maires du département demeurent farouchement opposés. Une Métropole que la majorité du monde économique appelle de ses voeux. Un moyen peut-être de créer une institution qui pourrait devenir la structure de référence. « À Marseille, le problème c'est qu'il n'y a pas de patron ! », rappelle régulièrement Jean-Luc Chauvin, président de l'UPE 13. Difficile en effet de savoir qui détient les véritables rênes, entre Ville, communauté urbaine ou conseil général. « À Lyon, le patron, c'est Colombs. À Bordeaux, c'est Juppé. Mais à Marseille ? ».
Développementde sites d'activités
Depuis les dernières élections, la communauté urbaine, en charge des dossiers économiques n'a toutefois pas perdu son temps et a mené à bien de nombreux dossiers. « Nous considérons que dans le tissu économique, il y a des secteurs d'entraînement, comme l'industrie, les transports ou la logistique », explique-t-on souvent au sein de MPM. En témoignent les grandes entreprises du territoire : Eurocopter, CMA CGM ou Gemalto. Pour la communauté, les services et les commerces (qui représentent 50 % du tissu économique) ne peuvent qu'accompagner le développement. Quand MMPI crée des dessertes avec des bus à haut niveau de services, elle choisit ainsi de desservir Luminy ou Château-Gombert et de miser sur le développement économique.La mission de MPM se décline ainsi en trois phases : créer des infrastructures, accompagner les entreprises et trouver des solutions financières. La communauté urbaine se veut ainsi l'acteur le plus volontariste en terme de création de sites d'activités.En témoignent également les zones des Florides et d'Empallières à Saint-Victoret, l'agrandissement d'Athelia à La Ciotat, la création de l'Hôtel Technoptic à Château Gombert. Des projets transversaux pour certains considérés comme majeurs au développement de la métropole marseillaise. Ainsi, le projet Henri Fabre, labellisé par le pôle de compétitivitéaéronautique Pégase. « Nous essayons d'apporter des solutions, de fournir de services, des locaux d'activités pour l'industrie. Ce que le marché ne fournit pas forcément. Nous sommes alors aménageurs et nous nous débrouillons pour trouver des solutions immobilières aux entreprises ».MPM pilote également le dossier des zones franches. Un dispositif qui a prouvé son intérêt et dont la Banque de France a récemment souligné qu'il avait permis aux entreprises de se consolider et d'avoir un meilleur taux de survie. « Nous travaillons à maintenir ce dispositif menacé depuis quelques années maintenant. Il est nécessaire d'avoir un dispositif d'aide aux entreprises », souligne-t-on volontiers au sein des équipes de MPM.
Bilan Rejetée par ses voisines Aubagne et Aix-en-Provence, la Cité phocéenne ambitionne de jouer son rôle de leader. La communauté urbaine rappelle sa vision métropolitaine...