Manitou ne s'en cache pas. Face au retournement du marché de la construction depuis avril dernier, le groupe ancenien, leader mondial des chariots élévateurs, doit revoir ses effectifs salariés à la baisse. Dans ce sens, Manitou avait annoncé fin 2008 la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi pour ses sites d'Ancenis, mais aussi pour ses filiales Aumont à Laillé (35), BTMI à Beaupréau et CIMM à Candé (49), avant finalement d'opter pour un plan de départs volontaires.
Accompagnement financier intéressant
«Il s'agit d'une démarche innovante qui repose sur un accord de méthode. Concrètement, il s'agit d'une rupture de contrat d'un commun accord pour motif économique entre le salarié et l'entreprise. Elle s'adresse aux salariés qui sont à trente mois de la retraite et à ceux qui portent des projets entrepreneuriaux. Tous seront accompagnés par un cabinet spécialisé qui a une obligation de résultats. Ils bénéficieront également d'un accompagnement financier supérieur à ce qui est prévu pour un licenciement économique classique», explique Jérôme Tertrais, DRH du groupe Manitou. Problème, après cinq premières moutures, les organisations syndicales n'ont pas signé cet accord de méthode à l'exception de celles de Aumont. Face à cette situation de blocage, Jérôme Tertrais reste ferme et prévient. «Il n'y aura pas de sixième plan. Si l'accord de méthode n'est pas signé par le syndicat majoritaire (FO), nous nous dirigeons vers un plan de sauvegarde de l'emploi». Le DRH n'en fait d'ailleurs pas mystère: après ce plan de départs volontaires, Manitou devrait de toute façon mettre en place un PSE dans le courant de l'année.
Combien de suppressions de postes?
Une question reste aujourd'hui en suspens. Combien de postes pourraient être supprimés? Rien que pour le site d'Ancenis (1.468 salariés), Jérôme Tertrais souhaite que ce plan de départs volontaires concerne 200 salariés. Selon certaines sources syndicales, Manitou envisagerait de supprimer 400 postes à Ancenis. À l'heure où nous écrivons ses lignes, la balle est donc dans le camp des syndicats. «Nous leur laissons le temps. Le calendrier de l'accord de méthode peut évoluer mais pas son contenu», annonce Jérôme Tertrais. La situation de Manitou inquiète en tout cas les milieux économiques. «Manitou est un acteur important au plan régional avec de nombreux sous-traitants. Je pense qu'il faut que l'entreprise soit aidée dans cette période», indique Jean-François Gendron, président de la CCI de Nantes.
À défaut de signer un plan de départs volontaires avec les organisations syndicales, le groupe Manitou prévient qu'il devra enclencher un plan de sauvegarde de l'emploi plus drastique.