Maisons individuelles : Ravages des ?faux? constructeurs
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Maisons individuelles : Ravages des ?faux? constructeurs

Alors que le Salon de l'immobilier se tient fin octobre à Lorient, ?vrais? et ?faux? constructeurs se disputent un marché affaibli.

Le Salon de l'immobilier, qui se tiendra du 23 au 25octobre au Palais des Congrès de Lorient, est l'occasion de se rappeler que les constructeurs de maisons individuelles sont un maillon essentiel de la chaîne du bâtiment. Avec la crise - on parle d'une baisse de 20% du marché de l'immobilier - les ménages ont tendance à rogner sur tous leurs budgets. Certains font appel à des bureaux d'études, des entreprises générales de bâtiment ou des architectes, qui promettent des pavillons réalisés grâce à des réseaux d'artisans. Parfois sans garanties. Or un contrat avec un constructeur de maisons individuelles en inclut un arsenal (voir encadré). Cumulées, ces assurances représentent 5% du prix d'une maison, soit 7.500 € sur une maison à 150.000 €. «Et aujourd'hui, on peut perdre une affaire sur un tel montant», signale Jean Dumoulin, président de l'Union des constructeurs de maisons individuelles (Uci). Sébastien Brancq d'Ecop Habitat, lui, ne se prétend pas constructeur mais bureau d'études. «Nous réalisons les plans, le permis de construire, l'appel d'offres et le suivi de chantier. Économiser la marge brute du constructeur de maisons individuelles permet d'utiliser des matériaux plus sains et isolants.» Cette marge atteindrait 31 %, selon l'Agence qualité construction. «La situation est très particulière dans le Morbihan, où un peu moins de 50% des gens passent directement par des architectes et des maîtres d'oeuvre», prétend Sébastien Brancq. «Dans d'autres régions, les constructeurs occupent plus de 80% du marché.» Quel que soit l'opérateur, Jean Dumoulin admet que «dans 95% des cas, la construction se passe bien».




Double tranchant

Mais les 5% restants font peur: infiltrations, garage inadapté, défaillance de chauffage, carrelage instable. Le couperet est à double tranchant. Une entreprise générale peut être confondue par un particulier pour défaut de garantie, condamnée au pénal et devoir s'acquitter d'une lourde somme pour faute de conseil et exercice illégal d'une profession. Mettant en péril sa trésorerie et, par effet de cascade, les constructions de ses autres clients. «Ces pratiques nous ont toujours agacés», remarque Jean Dumoulin. «Mais quand le marché était porteur, nous avions d'autres priorités.» Depuis, l'Uci tente d'aider à faire le ménage et a resserré ses liens avec la Direction départementale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DDCCRF).

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