Lunévillois : Un million pour soutenir le développement

Lunévillois : Un million pour soutenir le développement

«Un territoire o

rphelin.» L'expression est de Philippe Saffrey, le sous-préfet de Lunéville. «Ailleurs, les choses sont plus lisibles. Des restructurations, des grands groupes qui ferment leurs portes, des faillites très visibles. Ici, dans le Lunévillois, la désindustrialisation a laissé des traces et la crise se fait toujours sentir, par petites touches.» Premier travail pour pouvoir bénéficier du Fonds national de revitalisation des territoires (FNRT), dresser un portrait économique du territoire. Et surtout montrer deux aspects: «Oui, le territoire est sinistré économiquement, mais il y a aussi un potentiel de rebond», détaille Philippe François-Steininger, directeur du développement des entreprises à la CCI de Meurthe-et-Moselle. Très concrètement, il a fallu aller à la rencontre des entrepreneurs du territoire, leur expliquer le dispositif et rassembler tous les projets pour présenter le dossier.




À la recherche de projets

«En cette fin d'année 2010, je suis juste en trésorerie», concède Alain Bernard, P-dg de Lorcos, basée à Lunéville. Spécialisée dans les cosmétiques, son entreprise a beaucoup investi dans l'innovation. «Et je sais que mon CA va exploser en 2011, mais il y a un cap à passer», souligne le patron. Un cas typique de ce que le FNRT cherche à faciliter. Un coup de pouce à la trésorerie, un prêt qui permet de poursuivre le développement. Basée à Moncel-lès-Lunéville, l'entreprise de Jean-François Legendre, City Plast, aurait besoin de 150.000 à 200.000euros pour investir dans une machine. «Nous sommes spécialisés dans les moules en plastique. Et nous sommes aux premières loges pour assister aux dégâts de la mondialisation. Des marchés qui passent à l'Est ou en Chine, c'est presque tous les jours. Ce type de soutien, c'est vraiment bienvenu», insiste Jean-François Legendre. Dans le Lunévillois, 14 projets ont été retenus pour présenter le dossier. Reste maintenant à passer du mode «projet» au mode «concret». L'argent, géré par Oséo, sera reversé sous forme de prêts sans garantie. «Nous allons revenir voir les entrepreneurs pour préciser les choses et lancer les projets», précise Philippe François-Steininger.




Utiliser le fonds rapidement

Qui, optimiste, estime qu'en «six mois, le tiers de ces 14 projets pourraient devenir concrets». L'idée est surtout «d'amorcer la pompe», afin que ce million d'euros soit consommé rapidement et que l'État ne retire pas ses engagements. «C'est une première marche», soulignait le sous-préfet. «Maintenant, il faut donner plus de visibilité au Lunévillois, inventer les grappes d'entreprises, les clusters de demain. Je suis toujours à la recherche d'une thématique, mais il y a déjà des pistes à travailler.»