Ille-et-Vilaine
Loïc Rolland (Caisse des Dépôts) : « L'économie bretonne a tout pour réussir »
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Loïc Rolland (Caisse des Dépôts) : « L'économie bretonne a tout pour réussir »

À l'occasion de son départ de la direction régionale de la Caisse des Dépôts, qu'il a pilotée durant sept ans, Loïc Rolland confie sa vision économique de la Bretagne.

Le Journal des Entreprises : Quel est votre regard sur l'économie bretonne ?

Loic Rolland : Le travail fait en 2016 pour l'économie bretonne est colossal ! Nous ressentons du dynamisme. La Caisse des Dépôts aura engagé cette année 7,4 millions en faveur de l'ESS (Économie sociale et solidaire), contre un million en moyenne par année précédente. Ceci grâce aux six millions d'euros dédiés au fonds de solidarité agricole. Pour les universités, ce sont plus de trois millions d'euros qui ont été engagés depuis 2008. En sept ans, notre activité de prêteur représente 5,3 milliards d'euros en direct (dont 913 millions cette année) et 11 milliards par effet levier. Auxquels il faut ajouter l'investissement en fonds propres, soit 525 millions d'euros sur cette période. Nous avons également « redoté » de façon significative les divers fonds de soutien bretons. Nous n'avons jamais eu autant de financements et de projets emblématiques : ferme éolienne de Groix, Synutra à Carhaix... L'économie bretonne innove avec la French Tech, GwenneG, Rennes Saint-Malo Lab pour tester des innovations... Nous nous intéressons aussi à la reprise-transmission avec le fonds Brit.

Diriez-vous que la crise est derrière les Bretons ?

L.R. : Il y a toujours un mauvais esprit derrière une porte... Il faut rester vigilant. La Bretagne a la chance d'avoir son industrie agroalimentaire : un socle et un amortisseur important. L'économie bretonne est en ordre de marche et a tout pour réussir, avec la volonté de ses acteurs de faire ! Nous avons tous les outils pour accompagner les entreprises. Les structures sont bien sur leur métier, sans parasite. La Région est extrêmement à l'écoute et réagit bien. Une entreprise a donc tous les ressorts nécessaires en Bretagne. Elle bénéficie de tout ce qu'il faut en amorçage, elle peut tester des prototypes grandeur nature, financer son développement, son export, etc. De nombreux grands chantiers vont arriver à leur terme, n'y a-t-il pas un risque pour l'économie locale ? Tout est arrivé en même temps. Il peut y avoir un trou d'air, effectivement. Il faut gérer l'après... Mais l'arrivée de la LGV, notamment avec EuroRennes, peut apporter une bouffée d'oxygène importante, avec plus de business, plus de fluidité. Il y aura d'autres chantiers.

Quel message voulez-vous adresser aux entrepreneurs bretons, aux institutionnels ?

L.R. : Il faut vraiment rester unis et continuer à réfléchir ensemble, à jouer collectif. Ne pas jouer les francs-tireurs ! C'est une crainte quand tout va bien et qu'on ne s'occupe plus des autres... C'est important de garder cette attitude car tout peut changer très vite. C'est une telle force en Bretagne qu'il faut conserver cette humanité dans la façon d'appréhender les sujets. La région est atypique. On peut se dire les choses, sans tabou.

Votre plus grande satisfaction dans ce septennat breton ?

L.R. : Il n'y en a pas qu'une, heureusement. C'est le pacte d'avenir ! Un moment de mobilisation de tous les acteurs ; nous avons pu construire des propositions de mesures d'urgence, de façon sereine et en si peu de temps. Mais c'est aussi le fonds agricole que nous venons de signer, à hauteur de six millions d'euros pour la Caisse des Dépôts et de deux millions par an, sur trois ans, pour la Région. Une belle réussite.

Un regret ?

L.R. : Normalement, je ne devrais pas en avoir. D'abord, c'est forcément de quitter la Bretagne. Ensuite, c'est un sujet opérationnel : la rénovation énergétique du patrimoine public et notamment des universités. Un sujet qui me tient à coeur mais qui est à l'arrêt. Il y a eu des interférences, des élections, fusions... Nous avons fait partie des premières universités à signer des conventions d'intracting (Ndlr, financement utilisé pour financer des actions de performance énergétique par les économies générées). La Caisse des Dépôts a fait beaucoup et reste dans la boucle.

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