Logistique : Jeter les poids lourds à l'eau pour sauver l'A8

Logistique : Jeter les poids lourds à l'eau pour sauver l'A8

Plus de 600.000 poids lourds traversent le sud de la France sans s'y arrêter chaque année. Des trajets réguliers qui pourraient être assurés par merroutage. La CCI Nice Côte d'Azur et le conseil Général proposent de renforcer le recours à l'option maritime.

Ils abîment la chaussée, sont en partie responsables des bouchons qui polluent la vie des automobilistes Azuréens et impliqués dans un accident sur 5 sur l'A8: jetons-les à l'eau! Qui? Les poids lourd, bien sûr. sIls sont 660.000 à effectuer, tous les ans, des trajets non-stop depuis l'Italie ou des pays de l'est vers l'Espagne. Ils viennent donc engorger régulièrement une A8 déjà saturée, sans même justifier leur passage par un arrêt en France. La CCINCA a donc décidé de lancer une étude en partenariat avec le conseil Général sur la solution que peuvent représenter les autoroutes de la mer pour délester l'A8. D'autant que cette question fait partie des priorités nationales et européennes.




Plus rapide et économique

Il apparaît qu'une ligne maritime Barcelone-Gêne renforcée pourrait capter 13 à 36% des poids lourds effectuant des trajets directs. Et la collectivité n'est pas la seule gagnante. D'après l'étude du CG et de la CCINCA, sur un Saragosse-Trieste, le merroutage réduit le temps de parcours de 14h. le temps de trajet passe de 31 à 45h. La solution maritime apparaît également plus économique: un Barcelone-Gênes, qui coûte 1.100€ par la route, pourrait voir couler son coût à 770€ en passant par la Méditerranée, sans compter le fait qu'à bord, l'usure des pneus est plus que raisonnable. Le Grenelle 1 recommande d'ailleurs que 5 à 10% du trafic routier soient reportés sur la mer. CCINCA et CG préparent des propositions pour préparer le plongeon vers le merroutage. Des contacts interrégionaux internationaux ont été pris. Car là où les Azuréens pourront récupérer leurs autoroutes, Italiens et Espagnols risquent de voir leurs ports saturés.