À Bain-de-Bretagne, ça sent le café tout autour de l’entreprise adaptée de l’association Notre Avenir, dirigée par Pascal Chesnais. Et ce n’est pas parce que la cafetière est en marche! C’est parce que les 80 salariés handicapés de l’usine torréfient, encapsulent, mettent en sachet et préparent la livraison des cafés Lobodis. L’entreprise de Saint-Brieuc y a l’essentiel de ses 95 salariés (11 personnes au siège), qui dépendent de cet Esat avec qui elle a un partenariat depuis 1994. Ce sont de ces ateliers que sortent chaque année 800 tonnes de café torréfié (pour 1000 tonnes de café vert traité issu de 33 producteurs indépendants à travers le monde) sous toutes ses formes: capsules, grains, moulu… Une petite partie des 160 000 tonnes de café qui se vendent en France chaque année.
160 références
Une offre de 160 références qui vient d’être retravaillée (12 sont nouvelles), et quatre nouvelles origines (Papouasie, Tanzanie, Brésil, Colombie) entrent au catalogue de Lobodis. Pour l’entreprise, le but est de développer davantage la marque, qui vend essentiellement en GMS en France (78%, le reste étant vendu en circuit court, sur internet ou pour des sous-traitants). « Notre ambition pour 2017 est de devenir la marque de café pure origine préférée des consommateurs », annonce Franck Delalande, le directeur général de Lobodis. Rien que ça! Mais finalement une ambition logique pour cet ancien importateur de café, fils et petit-fils de courtiers et négociants en café. «Le pure origine ne représente que 10% du marché du café aujourd’hui. L’enjeu pour nous est de nous positionner sur cette niche, mais seulement en bio et équitable».
Du bio mais pas au rayon bio!
Car même si c’est son cheval de bataille depuis qu’il est à la tête de l’entreprise (Lobodis a lancé le premier café biolabellisé en France, en 1994), le dirigeant avoue ne pas toujours mentionner de logo bio sur son café… Même si l’origine est bien biologique, pour être placé parmi les autres cafés concurrents. Et pas au rayon bio, où les ventes de café sont bien inférieures au rayon classique!
Challenger
Pour se démarquer, c’est l’image entière de la marque qui a été revue: nouveau logo, visages de producteurs et modernisation du message. « Nous sommes un challenger car nous n’avons pas des moyens énormes, mais nous avons des choses à raconter », considère Franck Delalande. Pour cela, il vient de créer une filière responsable, qu’il a baptisée « Act & Respect », pour revisiter la filière café et répondre aux enjeux de RSE.