Une Ligne Nouvelle Paris-Normandie (LNPN) permettrait-elle d'améliorer le transport ferroviaire du fret entre les ports de la Basse-Seine et leur arrière-pays? Une réunion du Débat Public sur ce thème a rassemblé huit cents personnes auHavre en janvier. Seule certitude, un système ferroviaire performant est indispensable auHavre et à Rouen pour massifier l'acheminement terrestre du fret maritime, notamment de conteneurs. Mais la ligne historique Paris-Rouen-LeHavre est saturée et les trains de fret ne pourront pas circuler sur la ligne nouvelle. Selon les portuaires concernés, la solution passe par le contournement de Mantes et un franchissement de la Seine en aval de Rouen. La réouverture de Serqueux-Gisors modernisée soulagerait les problèmes duHavre, mais pas ceux de Rouen. Et elle ne règle pas les problèmes d'accès à la grande ceinture de Paris. «Le potentiel de massification est fondamental dans les choix des grands donneurs d'ordres internationaux armateurs et chargeurs», souligne Laurent Castaing, le directeur général du GPM duHavre. Ce port traite 40 trains quotidiens et en prévoit 75 à 80, dont une trentaine pour le transport combiné, à l'horizon 2025. Philippe Deiss, son homologue rouennais constate que «le fret ferroviaire concernant l'établissement a chuté de 6,5 Mt en 1999 à 2,2 Mt en 2010. La part du rail dans l'approvisionnement des silos céréaliers est sous la barre de 10%». Avec l'abandon du wagon isolé, l'arrêt du triage de Sotteville-les-Rouen a notamment jeté sur la route un flux annuel de 2.500 conteneurs entre Rouen et Strasbourg.
R.Q.
- l'enjeu