Le directeur régional de l'Insee Alain Malmartel et son homologue du Crefor Haute-Normandie (Centre ressource emploi formation) Luc Chevalier font un constat identique: «le recrutement sera un enjeu fort dans les années à venir». Si tant est qu'il ne le soit déjà. L'âge moyen des actifs augmente et le remplacement de ceux qui partent à la retraite est de plus en plus difficile, notent les deux organismes publics dans une étude commune: «L'impact des départs à la retraite d'ici 2020». Si la région compte quelque 712.587 actifs, l'étude s'attarde plus particulièrement sur 584.656 d'entre eux, répartis en une vingtaine de «groupes formation emploi» (GFE), qui vont de l'agriculture au commerce en passant par le bâtiment de second oeuvre ou encore le secteur paramédical et social. Au final, quatre de ces GFE regroupent plus de la moitié des actifs répertoriés: le tertiaire (17,5%), le paramédical-social (13,4%), le commerce-distribution (10,3%) et le transport-logistique
(10,5%). À l'autre bout du spectre, l'Insee note «que d'une façon générale, les GFE comprenant des métiers industriels voient leur poids diminuer dans l'emploi haut-normand». Sur l'ensemble des actifs classés parmi ces GFE en 2006, l'étude anticipe 180.000 départs (13.000 par an) en retraite à l'horizon 2020, soit 31% du total des effectifs. Un taux de départ qui varie selon les métiers de 23% à 43%. Dans le peloton de tête des plus touchés, on retrouve le tertiaire (34% de départs sur 102.000 emplois en 2006), le paramédical-social, transport-logistique et entretien-nettoyage. Si les «besoins de renouvellement» touchent l'ensemble des familles de métiers, reste qu'il ne s'agit que de besoins potentiels théoriques qu'il conviendra de relativiser au gré des fluctuations de la conjoncture économique d'ici à 2020.
www.insee.fr et www.crefor-hn.fr
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