Dans une interview publiée dans notre édition d'avril, le dirigeant de Mazet-Gauvin vous accuse de l'avoir «fait déguerpir» de Montbrison. Qu'en est-il réellement? Je ne souhaite pas alimenter une polémique stérile. Mais je souhaite clarifier un certain nombre de points. Le projet de rachat de l'ancien bâtiment de Tecnimodern a démarré en mars2010. À l'époque, nous étions en recherche de locaux pour réimplanter le centre technique municipal. Un déménagement rendu nécessaire pour mener à bien notre projet de réhabilitation des anciens locaux de la société GéGé à Moingt. Nous souhaitons en effet redonner à ce site une vocation d'habitat et de services de proximité. Or, nos services techniques étaient accolés à ce bâtiment. C'est à ce moment-là que s'est présentée l'opportunité de rachat du site Tecnimodern Automation, laissé à l'abandon depuis une année.
Le dirigeant de Mazet-Gauvin vous reproche d'avoir fait une offre de rachat surévaluée. Est-ce le cas?
Ce bâtiment a été évalué par le service d'État des Domaines à 1M€. Je rappelle que les collectivités sont toutes tenues par ce cadre réglementaire, elles ne font pas ce qu'elles veulent. Elles disposent simplement d'une marge de manoeuvre habituellement fixée à 10%, la Ville de Montbrison a donc fait une offre d'achat à 950.000 euros. Avant d'aller plus loin, nous avions l'obligation, là encore légale, de communiquer le montant de cette offre d'achat à tous les membres du conseil municipal. Cette offre devenait donc en quelque sorte publique et connue de tous. Quelques jours avant ce conseil municipal du mois de mars2010, nous apprenons que l'entreprise Mazet-Gauvin fait aussi une proposition financière, sensiblement plus basse. Après avoir rencontré les dirigeants de cette entreprise, je décide immédiatement de retirer l'offre de la Ville de l'ordre du jour du conseil municipal pour permettre à l'entreprise de se positionner. En l'absence d'éléments nouveaux, j'ai réinscrit cette offre à l'ordre du jour du conseil municipal deux mois plus tard, au conseil de mai. À partir de ce moment-là, je n'ai pas à commenter la décision du tribunal de commerce rendue en juillet, souverain en la matière. Mais il a sans doute pris en compte le problème des créanciers à rembourser, créanciers qui sont aussi des entreprises!
Il n'y avait pas d'autres possibilités pour conserver la société Mazet-Gauvin sur Montbrison?
Que ce soit dans le cadre de la Communauté d'agglomération Loire Forez, dans le cadre du contrat de pays avec la Région Rhône-Alpes, nous mettons tout en oeuvre pour faciliter l'implantation des entreprises dans notre bassin de vie. Pour y parvenir, il faut posséder des réserves foncières suffisantes et concevoir des politiques d'accompagnement attractives à l'installation d'entreprises. Le vrai problème aujourd'hui, c'est que nous avons probablement une offre immobilière restreinte par rapport aux besoins des entreprises de plus en plus complexes et spécifiques. Il est extrêmement difficile d'avoir en mains, à l'instant T, tous les produits qui conviennent sur un même territoire. Ce qui m'a choquée dans ces propos, c'est que l'on puisse laisser entendre que les communes, et notamment Montbrison, ne seraient pas au côté des entreprises locales et de leur développement. Si l'on considère l'utilisation des fonds provenant du plan de relance, l'obtention du fonds de compensation de la TVA et la hauteur de la commande publique, je pense que la Ville de Montbrison-Moingt a largement démontré son engagement en faveur de l'emploi, de l'économie et des entreprises de notre territoire.
Polémique Interpellé par les propos tenus par le dirigeant de Mazet-Gauvin dans notre édition d'avril, le maire de Montbrison Liliane Faure a tenu à réagir.