Basé dans le Maine-et-Loire à Beaucouzé, le cabinet d’expertise-comptable TGS France (80 associés, 1 700 collaborateurs) ambitionne d’étendre ses activités sur presque tout le territoire français, et imagine y parvenir d’ici 4 à 5 ans. Présent sur une diagonale ouest allant de Dunkerque à Bayonne avec une centaine d’agences, le groupe vise un déploiement sur le Grand Est et l’Auvergne Rhône-Alpes. Seul l’arc méditerranéen ne figure pas dans ses plans d’extension aujourd’hui.
Grandir par croissances externes
Pour parvenir à ses fins, le groupe angevin va s’appuyer sur des croissances externes.
Une stratégie qu’il a employée ces derniers mois pour reprendre DSA, à Paris, le cabinet bayonnais 2L Expert ou encore le girondin BPO Conseil.
Créer des agences ex nihilo s’annoncerait trop risqué. "Cela se fera par des rencontres, on se connaît. Nous cherchons à nous rapprocher de cabinets de 40-50 collaborateurs, avec qui nous partageons une vision commune", expose Christian Fouchard, président du groupe. Il imagine atteindre 120 agences environ, le maillage attendu n’allant pas être aussi serré que dans les Pays de la Loire.
Le groupe est présent à travers six métiers : expertise-comptable, audit, avocats, conseil, informatique, paie - ressources humaines. Il est aussi impliqué sur les sujets sociétaux. TGS France a notamment créé une filiale, l’entreprise adaptée Socia3, pour former des personnes en situation de handicap. Fin 2024, près de 80 personnes en situation de handicap auront intégré des agences TGS.
Le chiffre d’affaires a doublé depuis 2016
Le chiffre d’affaires (atterrissage fin septembre 2024) a atteint 140 millions d’euros, en avance sur le prévisionnel du groupe. C'était en effet un objectif affiché pour 2026 dans le projet d’entreprise de 2022. La progression a été rapide. "Lorsque je suis arrivé à la présidence du groupe en 2016, le chiffre d’affaires était de 76 millions d’euros", se souvient Christian Fouchard. Pour autant, "nous prendrons notre temps pour parvenir à notre objectif national. Nous ne sommes pas dans une course à la croissance externe", prévient-il.
Suivre les enseignes franchisées nationales
La volonté d’asseoir l’envergure nationale de TGS France répond, entre autres, à un besoin pratique : le groupe compte parmi ses clients des enseignes franchisées à l’échelle de la France. Une autre raison est que cela rendrait plus cohérent le statut de leader du réseau international qu’il a créé, TGS Global, présent dans 60 pays. Celui-ci réunit des acteurs indépendants qui ont adopté la marque et l’approche multi-métiers de TGS France.
Une mutualisation sur les enjeux de l’IA
Enfin, en grossissant, le groupe se renforce pour mieux investir dans l’innovation. "Nous avons des investissements lourds, de plusieurs millions d’euros, à faire dans les systèmes informatiques, la cybersécurité et l’IA", explique le dirigeant. Par exemple, avec plusieurs autres cabinets, TGS France participe à un "data lake", une structure capable de stocker des données mutualisées. Ces données sont anonymisées, puis analysées grâce à l’IA. Une fois retraitées, elles permettront de livrer des informations ciblées, catégorielles aux clients. La première livraison de données exploitables est attendue au printemps 2025. "Derrière la mutualisation, il y a des enjeux de coûts, mais aussi de quantité de données à traiter pour être significatives. Il faut partager 500 000 dossiers, nous ne pouvons le faire seuls !"