Les chiffres de l'Observatoire des véhicules d'entreprise sont sans appel: quand la LDD s'impose dans plus de 80% des entreprises de plus de 2.000 salariés, cette formule n'est plus choisie que par un quart à peine des entreprises entre dix et 100 salariés. Un taux qui passe à 4% dans les TPE. «Quand vous faîtes vos calculs, un véhicule loué coûte environ 10% de moins qu'une acquisition. C'est un problème de mentalités. Le goût de la propriété. Les TPE ont un comportement qui se rapproche de celui du particulier. Cela tourne parfois à l'aveuglement», constate Philippe Brendel, président de l'OVE.
Quatre possibilités d'acquisition
Pour faire simple, il existe quatre possibilités d'acquisition d'un véhicule professionnel: l'autofinancement qui passe par la mobilisation de la trésorerie, le crédit amortissable, la location avec option d'achat (LOA) ou crédit-bail et la location longue durée (LDD). Plusieurs critères entrent dans le choix du financement: la nature du projet, le niveau de trésorerie de l'entreprise mais aussi le nombre de kilomètres envisagés et la fréquence de remplacement. Sans compter les avantages fiscaux. Le site pro.empruntis.com propose un comparatif des avantages et évaluations de chacune des formules. Le crédit classique offre maîtrise des coûts et pleine propriété mais l'entretien et l'aménagement du véhicule sont à la charge de l'entreprise. La LOA présente une fiscalité intéressante, les loyers étant comptabilisés comme des charges entraînant une diminution du bénéfice imposable. En revanche, la dette n'est pas portée au passif et préserve donc la capacité d'investissement. Inconvénients: une LOA est basée sur une notion de durée et d'option d'achat. Sous réserve de respecter le kilométrage prévu (ou de le renégocier en cours de contrat), les avantages de la LDD semblent évidents: même remarque que la LOA sur le plan fiscal, entretien et assurance à la charge du loueur et pas de risque de perdre de l'argent sur la revente du véhicule.
Attention aux données fiscales
Pour autant, la décision d'opter pour l'une ou l'autre formule doit aussi prendre en compte des données fiscales, rappelle sur son site le cabinet d'expertise-comptable SFA, basé dans l'Est de la France. Le cabinet insiste ainsi sur la situation personnelle de l'utilisateur (statut salarié ou travailleur indépendant, associé ou non, niveau de rémunération, taux marginal d'imposition personnel...) mais aussi sur les particularités de l'entreprise, selon qu'elle est soumise à l'impôt sur les sociétés ou à l'impôt sur le revenu, son niveau d'endettement, sa politique de dividendes et de rémunération, etc. Conclusion: avant de céder aux sirènes, mieux vaut sérieusement étudier le dossier avec son expert-comptable ou ses services financiers.
Alors que les grandes entreprises ont depuis plusieurs années privilégié la location longue durée pour leur parc, les TPE et PME misent encore grandement sur l'acquisition. Un calcul jugé peu judicieux.