Les plus hostiles prêts à aller jusqu'au bout
# Conjoncture

Les plus hostiles prêts à aller jusqu'au bout

Derrière les grands discours et les témoins prestigieux, certaines CCI ont toujours la ferme intention de faire capoter le projet de réforme actuellement porté par leur président Jean-François Bernardin et les deux tiers des chambres françaises.

Témoignages de Laurence Parisot, Jean-François Roubaud, Hervé Novelli, Claude Bébéar, Alexandre Adler, etc. Discours de Christine Lagarde et François Fillon. Une animation assurée par les journalistes Ruth Elkrief ou encore Brigitte Jeanperrin. Les états généraux des CCI, au Palais des Congrès, porte Maillot à Paris, avaient un objectif clair: montrer les chambres sous leur meilleur jour. Derrière l'apparat et les grands discours - pas toujours passionnants - l'objectif était double. D'abord convaincre le gouvernement de l'utilité des CCI, et ainsi en tirer la meilleure des réformes possibles. Mais aussi faire oublier les dissensions. Rappelons en effet qu'avant la tenue du show porte Maillot, présidents de chambres et directeurs généraux étaient à deux doigts de faire exploser le système. À l'origine, sur les 148 chambres en France, un peu moins de la moitié était en effet contre la réforme. Et il aura fallu le rajout d'une disposition, la veille d'un vote en interne, pour dégager un courant majoritaire aux deux tiers.




Refus d'envoyer des délégations à Paris

«Dans la soirée du lundi au mardi, il y a un certain nombre de concessions qui ont été faites par les tenants de la motion majoritaire avec un nombre d'avancées positives», rappelle Dominique Estève, président de la CCI Nice Côte d'Azur. «La première d'entre elles étant le maintien de la personnalité morale des CCI de base, qui n'existait pas 24h plus tôt, comme la possibilité pour un président de CCI de base de choisir son DG après avis de la CRCI, et non plus après accord. Le changement de termes est important. Car le corollaire de la personnalité morale, c'est la possibilité de gérer les écoles». Des concessions certes, mais qui n'auront pas convaincu tout le monde. Aujourd'hui encore, un tiers d'irréductibles rejette toujours la réforme voulue par le gouvernement et appliquée par Jean-François Bernardin. De Brest à Nice, en passant par Bayonne, LeMans ou encore Saint-Étienne, la ligne est la même: c'est non. Un non ferme et définitif qui s'est traduit de plusieurs manières. Brest a ainsi refusé d'envoyer une délégation de chefs d'entreprise et d'élus aux états généraux, à Paris. Seul le directeur général de la CCI, Michel Gourtay, y était présent. LeMans a pour sa part tout bonnement boycotté la "fête", en expliquant son geste par un courrier adressé aux autres chambres les jours précédents. Sur le plan des raisons de la fronde, il doit y en avoir autant que de CCI. Mais si on doit trouver un trait commun à ce refus, c'est certainement la crainte de voir l'échelon régional renforcé au détriment des CCI départementales.




Un recours possible?

La chambre brestoise y voit ainsi un déplacement du centre de décision vers Rennes, la capitale bretonne, et le risque d'une prise en compte amoindrie des spécificités locales. L'hostilité brestoise pourrait aller jusqu'à un recours auprès du Conseil d'état. Une demande qui risquerait toutefois d'être déboutée puisque l'ACFCI n'étant pas un établissement national, seul le tribunal administratif de Paris est compétent. «Nous avons déjà déposé des recours de procédures depuis le début de cette histoire, et seul cette juridiction peut se saisir de cette affaire», précise-t-on du côté de la CCI de Saint-Étienne. Quoi qu'il en soit, Brest compte bien aussi sur un nouveau vote des CCI. Car une fois le projet officiellement formulé par l'équipe de Jean-François Bernardin, et avant le passage devant les parlementaires français, il devra à nouveau être visé par l'ACFCI. D'ici là, la chambre bretonne compte encore faire bouger les lignes...

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