Au Pont du Rock, le plus ancien festival rock de Bretagne depuis 1989, veut continuer à faire résonner les riffs de guitare sur les bords de l’Oust, à Malestroit, à l’est du Morbihan.
Alors que ses premières têtes d’affiche ont été annoncées, Gaëtan Roussel, les Wampas, Oxmo Puccino, etc., l’événement traverse une période particulièrement critique. "L’édition 2025 a accueilli 17 500 festivaliers, en dessous du seuil de rentabilité estimé à 20 000 entrées. Cela a généré un déficit évalué à 227 000 € ", chiffre Jean-Paul Dubois, président de l’association organisatrice Aux Arts Etc… Cette situation reflète la tension croissante sur les festivals indépendants : hausse des cachets artistiques, coûts logistiques et sécurité, concurrence accrue et fatigue des bénévoles, qui constituent pourtant le cœur du fonctionnement du festival.
Une collecte destinée à sécuriser l'édition 2026
Pour tenter de combler ce déficit, l’association a mis en place un concert de soutien sur deux jours, réunissant une dizaine d’artistes emblématiques. Elle a également lancé une collecte destinée à sécuriser l’édition 2026 qui a réuni 30 000 euros sur 65 000 escomptés.
Cette initiative illustre l’importance de mobiliser à la fois le public et les acteurs économiques pour assurer la continuité d’un événement culturel indépendant. "Le concert de soutien a créé une prise de conscience globale. Il faut espérer que cela continue pour cette édition 2026. Pour cela, nous allons baisser le budget aux alentours d’un million d’euros (versus 1,4 million en 2025)", détaille le président.
Une gestion de plus en plus proche d’une entreprise
Concrètement, tous les postes sont passés en revue. "Cela va des coûts d’aménagement, de scènes, aux coûts liés à la restauration, aux bars… Cela passe par des devis pour maîtriser nos dépenses. Il faut penser seuil de rentabilité", poursuit le co-président. Somme toute, une gestion proche de celle d’une entreprise pour l’association qui compte un salarié permanent.
Élargir les soutiens
C’est dans ce contexte que le rôle des entreprises partenaires devient stratégique. Au Pont du Rock propose des dispositifs de mécénat et de sponsoring adaptés à différents profils d’entreprises. Le mécénat permet aux sociétés de soutenir financièrement le festival tout en bénéficiant d’une déduction fiscale allant jusqu’à 60 % du montant versé. Les contreparties incluent un accès VIP, des invitations pour leurs collaborateurs et clients, ainsi qu’une visibilité sur les supports de communication de l’événement. "Nous apportons jusqu’à 25 % de ce montant en contrepartie. Celles qui nous suivent sont fidèles. Ces entreprises convient souvent leurs salariés et proches pour un moment de partage unique au cœur d’un événement. Ils visitent le village des artistes et sont au plus près des scènes", témoigne Olivier Pellerin, en charge des relations avec les entreprises.
À date, Au Pont du Rock compte 36 mécènes pour un montant de 132 000 euros. "18 de ces mécènes apportent un soutien en produits (logistique, matériel, équipements, …). L’ambition est de passer à 200 000 euros de soutien venant d’entreprises", dévoile Jean-Paul Dubois.
Rayonner plus loin que le Morbihan
Pour cela, les initiatives ne manquent pas. Les contacts sont noués avec le tissu économique local et les réseaux d’entreprises mais aujourd’hui l’association veut rayonner plus loin dans le Morbihan, dans les agglomérations proches et vers d’autres villes bretonnes. Pour cela, elle travaille notamment avec l’UBS à Lorient et des étudiants dans le cadre d’un projet tutoré.
Mais plus largement, les chefs de file de l’association, eux-mêmes entrepreneurs ou engagés dans la vie économique locale, ont le souhait d’embarquer avec eux les entreprises au cœur d’un événement culturel majeur qui attire 15 000 à 20 000 personnes, chaque année. "En nous soutenant, les entreprises dirigent localement leur impôt", conclut Jean-Paul Dubois.