Les Coursiers Verts : Ça déraille avec Cogepart
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Les Coursiers Verts : Ça déraille avec Cogepart

Placée en redressement judiciaire, LCV semble faire les frais d'un désaccord majeur avec son actionnaire majoritaire, le groupe Cogepart.

L'information a de quoi dérouter! Le 20avril, la société Les Coursiers Verts (LCV) a déposé un dossier de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Saint-Étienne et a été placée en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois. Pourtant, la TPE stéphanoise fondée en 2008 par Julien Legat semblait promise à un bel avenir. Spécialisée dans le transport express de plis, la logistique urbaine et le transport de personnes à vélo, LCV avait cédé 70% de son capital en janvier à Icare, la holding du groupe marseillais Cogepart. Un rachat opéré pour un montant dérisoire de 6.300€. «Le deal avec Cogepart était d'arriver sous 2 ans à 500.000€ de CA avec une rentabilité de 2%. Nous aurions ensuite touché une rémunération en capital gamme», confie Julien Legat. Si le fondateur de LCV, devenu simple gérant et actionnaire minoritaire avec sa soeur Mélanie (30%), était prêt à une telle concession, c'est qu'il comptait sur l'appui de Cogepart pour poursuivre le développement de LCV.




«Courcircuité»

«L'objectif était de bénéficier des structures d'accueil de Cogepart présent dans 20 villes en France, de proposer une offre combinée vélo en relais de la camionnette, unique en son genre, et de développer la logistique urbaine douce au travers de hubs comme celui projeté à Lyon», expose Julien Legat. Au lieu de cela, LCV a semble-t-il été lâché en route. «Cogepart a effectivement injecté 200.000€ en compte-courant pour assurer le passage de témoin, mais par la suite nous n'avons pas été suivis dans notre volonté de développer un principe de rentabilité consolidé au sein du groupe. Ce qui nous aurait permis de nous développer dans l'hexagone. À cela s'ajoute une vision probablement différente du développement durable», argumente Julien Legat. Pire, le fondateur de LCV accuse le P-dg de Cogepart, Jérôme Dor, d'avoir «courcircuité» LCV à Nice et à Montpellier en proposant une offre vélo concurrente sous sa propre marque. Bref, si le passif de 21.000€ ne semble pas insurmontable pour un groupe qui pèse plus de 20M€, le divorce avec Julien Legat semble, lui, bel et bien consommé. Reste à savoir ce qu'il adviendra de la marque LCV et de son fondateur. Une AG du groupe Cogepart pourrait prochainement fixer le sort de l'actuel gérant. Si une éviction ne fait guère de doute, Julien Legat pourrait bien être tenté de se remettre en selle ailleurs.

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