Les clés de l'entretien d'embauche
# Ressources humaines

Les clés de l'entretien d'embauche

Étape capitale du processus de sélection, l'entretien d'embauche ne doit pas se transformer en une simple relecture du CV. Il faut aller plus beaucoup plus loin...

Étape ultime du processus de sélection, l'entretien d'embauche ne doit pas être bâclé. « C'est l'étape la plus importante. Il ne s'agit pas de faire de la relecture de CV. L'objectif de l'entretien d'embauche est de comprendre la réelle valeur ajoutée que peut apporter un candidat, creuser ses réalisations, ses résultats. Au-delà du titre du CV, l'idée est de savoir les missions qu'il a menées, comment et avec quels moyens, les réussites et les difficultés qu'il a rencontrées. Il faut aussi évaluer le recul que prend le candidat par rapport à son parcours : ses échecs, ce que cela lui a apporté, son projet professionnel », explique Patrick Favre, directeur senior chez Michaël Page à Lyon.




Échangez avant tout

Pour sonder au mieux les compétences des candidats en lice et séparer, in fine, le bon grain de l'ivraie, il convient de mettre en place un véritable échange, qui ne doit ni ressembler à une discussion de salon, ni tomber dans l'interrogatoire. « Il ne faut surtout pas installer un rapport de force. L'entretien peut-être très intrusif, il faut donc bâtir un cadre de confiance et de confidentialité notamment dans le cas d'un débauchage. Il faut aussi donner de l'information au candidat et accepter qu'il nous pose des questions. Ce qui implique de s'être préparé en amont à répondre à ses questions », développe Patrick Favre.




Créez un cadre de confiance

Pour Arnaud Franquinet, directeur du développement du Capital Humain (service RH) chez Grant Thornton, bâtir un cadre de confiance est la première étape de l'entretien d'embauche. « Je commence toujours par faire une présentation de l'entreprise pour mettre à l'aise le candidat. Je le laisse ensuite s'exprimer. Peu importe le sujet, l'objectif est qu'il soit plus détendu avant de lui poser les questions que j'ai prévues en amont, après avoir lu son CV, fait une recherche de son nom sur Google... Bref, j'entre dans la biosphère du candidat pour essayer de mieux le comprendre, de sorte à avoir des questions à lui poser au moment de l'entretien », explique Arnaud Franquinet.




Validez des compétences

Chez Grant Thornton, comme dans beaucoup d'autres entreprises, le jeu des questions réponses vise à valider des compétences nécessaires à la prise de poste. « Il faut avoir clairement en tête les compétences que l'on veut valider chez un candidat. Pendant tout l'entretien, je n'ai de cesse de valider sous forme d'assertions les interrogations par rapport à des compétences dont j'ai besoin. Par exemple, si je cherche des compétences de négociateurs, je vais chercher à valider cette compétence sur la forme, c'est-à-dire en me basant sur notre échange, ou de manière très concrète à travers le parcours du candidat », détaille Arnaud Franquinet. Pour mener à bien cette validation de compétences clés, certains professionnels du recrutement préconisent de construire une grille dans laquelle on va noter d'un côté les compétences requises pour le poste et de l'autre une échelle de notation, de 1 à 4 par exemple. Ce document vous permettra d'évaluer le candidat et sera également précieux lors du débrief des entretiens menés par différents intervenants dans l'entreprise. « Il est toujours mieux de faire passer plusieurs entretiens avec des personnalités différentes de l'entreprise. Avoir plusieurs éclairages permet de réduire les incertitudes beaucoup plus que des tests plus ou moins scientifiques », commente Arnaud Franquinet.




Évoquez le futur

Après avoir validé les compétences clés, l'entretien doit prendre une tournure plus prospective. « L'idée est d'évoquer le futur à court, moyen et long terme du candidat, de voir quel est son projet professionnel et son projet de vie. C'est seulement après que l'on va travailler sur la correspondance qu'il peut y avoir entre son projet et le poste que l'on peut lui proposer », conclut Patrick Favre.

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