L'entreprise redécouvre les vertus de l'architecture
# Immobilier # Conjoncture

L'entreprise redécouvre les vertus de l'architecture

Pour l'architecte Jean-Yves Clément, «la dimension environnementale de l'entreprise remet le projet architectural dans le circuit.»

Jean-Yves Clément, architecte, confirme le retour en grâce de sa profession auprès des entreprises engagées dans une stratégie immobilière. «De la fin de la guerre aux années 1980, la notion patrimoniale de l'immobilier d'entreprise a été ignorée. Un bâtiment était une ligne au bilan, amortissable sur cinq ans», constate le créateur du cabinet Amplitude, à Grenoble. «Dorénavant, on sent une volonté de revenir à une qualité architecturale, non pour montrer sa puissance comme c'était le cas au XIXesiècle, mais pour refléter l'image sociologique que l'entreprise veut donner d'elle-même.» Outre les impératifs environnementaux de construction désormais incontournables, l'entreprise tend à vouloir exprimer par ses locaux les valeurs qu'elle entend défendre.




«Donner une dimension sociale»

La construction de cette "image sociale" concerne autant la recherche de la cohérence entre contenant et contenu - un laboratoire va ainsi privilégier le blanc pour l'extérieur de ses locaux - que l'optimisation de la dimension fonctionnelle de l'ensemble. «Et c'est là, à mon sens, la partie la plus intéressante de notre travail», explique Jean-Yves Clément. «Notre mission consiste à donner une dimension sociale à la fonction. Nous écoutons énormément les utilisateurs. Un industriel raisonne souvent en termes de flux, pas de globalité. Nous, nous commençons par nous interroger sur la fonction du bâtiment. Et c'est parfois incroyable la valeur ajoutée qu'on peut apporter en terme fonctionnel. Autrement dit, notre métier ne consiste pas seulement à concevoir un beau bâtiment mais avant tout un bâtiment fonctionnel. Sinon, on se trompe.»




Rêve et rigueur

Une approche qui commande une grande rigueur et pas seulement du rêve. Diplômé de l'école polytechnique fédérale de Lausanne, Jean-Yves Clément a travaillé aux États-Unis et en Allemagne. Son credo: «Quand on est créatif, il faut être extrêmement rigoureux. Nous sommes des généralistes qui doivent maîtriser l'ensemble des données pour pouvoir, par exemple, mieux coordonner le travail des cabinets d'études.»

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