Quel est le point commun entre les grands industriels de la plaine d'Alsace et les viticulteurs du piémont des Vosges? Pour les uns comme pour les autres, l'activité à l'export est non seulement vitale, mais elle est aussi largement entrée dans leurs habitudes.
Un quart des ventes de vins à l'export
Selon le comité interprofessionnel des vins d'Alsace (Civa) basé à Colmar, près d'un quart des ventes de bouteilles d'Alsace se fait à l'export. Soit pas loin de 280.000 hectolitres tous les ans. Sur un chiffre d'affaires annuel estimé à 500millions d'euros pour la filière viticole cela représente tout de même 125millions d'euros par an. Et ce, sans compter les ventes en direct réalisées dans les domaines. Les viticulteurs alsaciens sont les champions de France en la matière et signeraient plus de 15% de leurs ventes de la sorte. Le double de la moyenne nationale, notamment grâce à une fréquentation hors normes de la route des vins: plus de 5millions de touristes annuels, pour beaucoup étrangers. Belges, Allemands, Hollandais ou encore Danois goûtent particulièrement les vins d'Alsace.
Les domaines en pointe
C'est donc aussi vers leurs pays que les vignerons exportent. Ainsi que vers le Canada, les États-Unis ou encore la Suède, pour ne citer que ceux-là. Les maisons qui, par leur poids en termes de chiffres d'affaires, se retrouvent dans notre classement sont aussi celles qui sont le plus en pointe dans cette approche internationale de leur activité. Tels les vins Hugel, qui réalisent 4,5 de leurs 5,9millions d'euros de chiffre d'affaires à l'export. Soit 76%! Ou encore la cave de Ribeauvillé, dont près de la moitié des 7,7millions d'euros de chiffre d'affaires est réalisée à l'étranger. La cave de Turckheim et les vins Jean Biecher se distinguent également, parmi d'autres, en se situant au-dessus de la moyenne régionale.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières
Pour le reste, les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, la multitude de metteurs au marché contribue aux 125millions d'euros estimés de chiffre d'affaires à l'export des vins d'Alsace. Un chiffre qui devrait être appelé à progresser dans la mesure où un certain nombre d'entre eux commencent à envisager sérieusement le marché chinois, le premier au monde. Cela prendra le temps qu'il faudra. «Le temps d'éduquer le palais des consommateurs», estiment certains observateurs. Le temps aussi, pour ces petites structures alsaciennes et souvent familiales, de trouver des distributeurs de confiance et impliqués sur place.
viticulture À l'instar des cigognes, les vins d'Alsace font partie des images de la région qui ont la vie dure. Mais si les cigognes voyagent, les vins s'exportent. Et bien.