Le Rosengart : Bail à céder sur le port du Légué
# Commerce

Le Rosengart : Bail à céder sur le port du Légué

Après deux années d'exploitation du restaurant Le Rosengart sur le port du Légué, Evenday souhaite se retirer. «Mon bail est à céder, dans sa totalité», confirme Gérard Baslé, P-dg de la société basée à Nantes.

Tout avait pourtant bien commencé. Mars2008. La chambre de commerce et d'industrie des Côtes-d'Armor confie à la société nantaise Evenday l'exploitation d'un restaurant de 240 couverts, couplé à une activité de traiteur et de location de salles de séminaires, au Carré Rosengart sur le port du Légué. «Nous avons opté pour des professionnels qui exploitaient déjà des sites d'exception à Rennes et Nantes, précise Éric de Rancourt, directeur de la CCI. Parmi les deux derniers projets en lice, celui piloté par Gérard Baslé était le plus complet autant en terme de prestations que d'horaires d'ouverture.» La chambre consulaire écartant au passage un dossier local, celui de son ex-directeur du développement économique, Stéphane Drobinski. Près de 500.000? sont investis par Evenday pour réaliser l'aménagement secondaire du futur Rosengart, Brasserie de la Mer (décoration, acquisition des cuisines et du mobilier).




La mayonnaise ne prend pas

Lancée en pleine euphorie, la prometteuse machine s'enraye rapidement. Prix trop élevés, instabilité des équipes d'Evenday, irrégularité de l'offre, mauvais accueil de la profession locale, manque de fréquentation du quartier du Légué, etc. De nombreux facteurs empêchent la mayonnaise costarmorico-nantaise de prendre. Les clients viennent une fois. Rarement deux. Jamais trois. Un an à peine après son ouverture, pour limiter ses charges, Le Rosengart diminue la voilure. À la fermeture en plein mois d'août2009 s'enchaîne un rideau baissé le soir, une mesure désormais élargie au week-end. Et depuis deux mois, plus de carte, seulement trois menus sont proposés. Alors qu'en septembre dernier, Gérard Baslé n'envisageait pas «quitter le navire», l'entrepreneur a aujourd'hui revu sa position. «Autant la partie accueil de groupes est rentable, autant le restaurant affiche des pertes financières que ma société ne peut plus supporter. Je n'ai plus de marge de manoeuvre.»




Une solution à trouver pour le 30juin

La CCI et Evenday discutent actuellement de la suite à donner à leur collaboration, sachant que le bail liant les deux parties n'arrive à échéance qu'en juin2011. Rupture anticipée comprenant d'éventuelles indemnisations, location à un autre exploitant de la partie restaurant, modification des termes du bail pour alléger les charges fixes, etc. Toutes les hypothèses sont mises sur la table. Dans l'attente d'un possible repreneur de son fond de commerce, Gérard Baslé ne serait pas contre poursuivre uniquement l'activité de location de salles. De son côté, la chambre consulaire n'envisage pas la fermeture de la vitrine du Carré Rosengart, site emblématique de la mandature du président Alain Daher. Tout en ne cherchant pas de manière active à préparer l'après Evenday annoncé. «Contractuellement, nous sommes liés par certaines obligations réciproques, précise Éric de Rancourt. L'activité de restauration grand public en est une.» Le P-dg d'Evenday espère qu'une solution aboutira d'ici au 30juin. «Je reste ouvert à toutes propositions même si ma préférence va à une cession globale et anticipée à un nouvel investisseur, local éventuellement. Peut-être que celui-ci trouvera la formule pour réussir, ici, sur le port du Légué.»
A suivre

# Commerce