Souvent perçu comme fantaisiste à son lancement en 2009, le projet de nouveau paquebot France se dévoile. À sa tête Didier Spade, P-dg de la société Seine Alliance qui exploite une dizaine de yachts de luxe à Paris et petit-fils du décorateur du France, devenu Norway. L'entrepreneur a financé, sur fonds propres et via une émission d'obligations opérée dans un cadre restreint, 1,5million d'euros pour la réalisation par STX des deux premières phases d'étude de ce paquebot. «Vu l'ampleur du projet, certains ont pu penser que j'étais un peu illuminé. Mais c'est souvent comme cela que sont vus les entrepreneurs en France. Maintenant, quand vous vendez, comme j'ai pu le faire avec La Compagnie des bateaux à roues, une boîte quarante fois votre mise de départ, vous êtes pris un peu plus au sérieux», indique Didier Spade.
Partenariats prestigieux
Et pour donner encore un peu plus de légitimité à son projet, Didier Spade, a noué des partenariats avec V-Ship, gestionnaire de navires déjà pressenti pour exploiter le futur France, mais aussi Alain Ducasse pour les huit restaurants du paquebot, des designers et aménageurs reconnus tels que Jean-Michel Wilmotte, Mathieu Lehanneur, etc. «C'est un projet exceptionnel qui doit véhiculer une certaine image de la France à travers le monde. Et pour réaliser un projet exceptionnel, il faut évidemment travailler avec les meilleurs. Toutes proportions gardées, avec le nouveau France, l'ambition c'est de réaliser un concentré de savoir-faire à la française, un peu à la manière du Concorde», souligne Didier Spade. Long de 260 mètres pour une largeur de 30 mètres, le nouveau France serait doté de 320 suites pouvant accueillir 650 passagers. La conception du navire repose sur une ligne épurée avec deux cheminées rappelant celle de son glorieux aîné. Le nouveau France se voudra également écologique, le fuel polluant étant banni au profit du gasoil et du gaz naturel liquéfié grâce à des moteurs fonctionnant en bicarburation. «Nous ne sommes pas sur le créneau de la croisière de masse avec des navires de 5.000 passagers, mais bien sur celui de la croisière de luxe. Le secteur est extrêmement porteur à travers le monde. Nos études de marché et notre business plan l'ont confirmé», poursuit l'initiateur du projet. Pour lui donner définitivement vie, Didier Spade entame actuellement la phase de financement du nouveau France. Le coût du navire qui, selon lui, devra «forcémentêtre réalisé à Saint-Nazaire», est estimé à 350millions d'euros.
Investisseurs étrangers
«J'ai reçu de nombreuses marques d'intérêt de la part d'investisseurs et de fonds. Pour le moment, tous sont étrangers. En France, ils sont à double détente et attendent que d'autres se dévoilent pour sauter le pas. De mon côté, j'ai déjà investi beaucoup de temps et d'argent. Ce n'est pas pour échouer si près du but», précise Didier Spade. Le montage financier du projet prévoit également que les particuliers puissent acquérir des actions de ce futur navire. La découpe de la première tôle du nouveau France est espérée pour la mi-2013 pour une mise à l'eau en 2015.
Navale Après la double commande de Viking River Cruises, STX compte bien sur le projet de construction du nouveau paquebot France pour garnir son plan de charge.