En 2008, le plan Barnier, repris dans le Grenelle de l'environnement, a fixé un objectif de 6% de surfaces agricoles bio en 2013 et de 20% à l'horizon 2020. La Loire-Atlantique dépasse ce premier objectif avec trois ans d'avance. En effet, au 31décembre 2009, 6,7% de la SAU (surface agricole utile) du département étaient classés en agriculture biologique. Cela représente 28.000 hectares et 424 exploitations. Un chiffre très supérieur à la moyenne nationale (2,5%). Sur 2010, on attend 4 à 6.000 hectares supplémentaires et 90 nouvelles exploitations classés en agriculture biologique. «L'agriculture biologique a d'abord nourri sa progression des crises alimentaires, telle celle de la vache folle. Depuis 2005, cela a changé. Il y a une prise de conscience, confirmée par le Grenelle de l'environnement, du mieux disant environnemental apporté par l'agriculture biologique. Les mouvements de conversion vraiment significatifs ont démarré début 2009», analyse Jean-Roland Barret, chargé de mission en agriculture biologique à la Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique.
La Loire-Atlantique, leader du lait bio
Le lait et la viande bovine représentent l'essentiel des nouvelles conversions. Avec 32millions de litres collectés, la Loire-Atlantique est le premier département pour la production de lait bio en France. La baisse du prix du lait conventionnel, inférieur de 25% à celui du lait bio, explique en partie cette performance, également favorisée par la présence sur le département des principaux collecteurs de lait bio: Lactalis, Eurial (via Colarena), la Laiterie Saint-Père et le GIE Biolait. L'arrivée sur le marché, à partir de 2011, de nouveaux producteurs devrait porter la production de lait biologique en Loire-Atlantique à 44millions de litres en 2012. Le dynamisme de l'agriculture bio s'appuie sur une conjoncture économique favorable. La consommation bio a progressé de 19% en 2009 après une hausse spectaculaire de 25% en 2008. Et la crise ne semble pas freiner cette tendance. «Représentant 1,9% du marché total de l'alimentation, le bio reste un marché de niche. Cependant, il a dépassé le stade de l'effet de mode pour s'implanter durablement dans les comportements. Plus qu'à la demande des consommateurs, le bio doit son développement à une généralisation de l'offre sous l'impulsion notamment de la GMS», souligne Jean-Roland Barret. Autrefois cantonnés aux magasins spécialisés, les produits alimentaires bio sont en effet désormais largement présents dans les rayons des grandes surfaces. Celles-ci réalisent 45% du chiffre d'affaires du marché alimentaire bio contre 38,5% pour la distribution spécialisée. Et les PME du secteur continuent de diversifier leurs canaux de distribution. À l'image de Nature et Aliments (12 salariés, 3M€ de CA), à Nantes, qui, outre la grande distribution et les réseaux spécialisés, s'essaye avec succès au e-commerce. Les contraintes du bio, associées aux délais de conversion des sols (deux à trois ans selon les cultures), expliquent cependant que la dynamique du passage à l'agriculture biologique n'ait pas encore gagné massivement le maraîchage et la viticulture, deux autres activités agricoles majeures du département.
Avec 6,7% de sa surface agricole utile consacrée à l'agriculture biologique, la Loire-Atlantique est devenue le premier département bio de France. Explications.