«Le climat de confiance est rompu»
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«Le climat de confiance est rompu»

Yves Le Gourrierec,
président de la chambre d'agriculture 56


Un des éléments qui émerge de la récente étude «Perspectives pour la production porcine morbihannaise», c'est le risque lié à l'approvisionnement en porcelets. Quelles sont les parades face à cela?


L'une des particularités du Morbihan, c'est qu'il compte 50% d'éleveurs engraisseurs et 50% de naisseurs engraisseurs. La rentabilité économique et la cohérence de la chaîne obligent de plus en plus les éleveurs à se regrouper pour investir dans des solutions collectives. Du coup, le nombre de truies augmente à certains endroits, ce qui pose des problèmes sociétaux.
Avec qui rencontrez-vous des difficultés?
Il est difficile d'expliquer aux riverains qu'il ne s'agit pas là d'azote supplémentaire mais restructuré. On doit pourtant réinvestir dans le naissage, on a besoin de porcelets, les faire venir d'Espagne et d'Allemagne est risqué d'un point de vue sanitaire.




Comment vivez-vous la campagne liée aux algues vertes de France Nature Environnement?


Je ne comprends pas cette campagne. D'autant plus qu'avec une association comme Eaux et Rivières, nous avons des relations normales, de travail. J'ai l'impression que FNE veut choquer pour choquer. Le climat de confiance est complètement cassé. En retour, sur le terrain, je sens émerger des positions très tranchées. Avec des agriculteurs qui ne veulent plus entendre parler de contraintes supplémentaires et voudraient désormais se contenter du niveau minimum réglementaire. J'en entends dire: «On a suffisamment donné, ils veulent notre peau, arrêtons de laver plus blanc que blanc.» C'est dommage car la Bretagne est plutôt bonne élève. Dans le secteur de Ploërmel, en termes de phosphore et de nitrates, nous sommes à des niveaux de 140 unités d'azote par hectares de surface agricole utile. Alors que la norme européenne est de 170 kilos.

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