C’est une étape importante dans notre histoire. » Depuis le 20 décembre dernier, Jean-Marc Schaffner, le patron de l’entreprise éponyme, basée à Duppigheim, dans le Bas-Rhin, est le président de la Fédération français du bâtiment pour le Grand Est. Exit Lorraine, Alsace, Champagne Ardenne, au profit de la nouvelle région et de dix fédérations départementales. « Nous revenons presque à ce qui existait en 1906, lors de la création de la fédération régionale du Bâtiment et des travaux publics du Nord Est, qui opérait de Lille à Epinal », rappelle Jean-Marc Schaffner. Une façon de dire que même si le territoire est immense, il est possible de travailler à cette échelle et d’y être efficace. « Le Grand Est, c’est une réalité pour toutes les entreprises », assure Didier Roche, le président de la FFB en Moselle. « Hier j’ai commencé à travailler au Luxembourg, avant de me rendre en Alsace et me voilà à Nancy. Les entrepreneurs ne s’arrêtent pas aux frontières départementales… »
Avis partagé par Jean-Marc Schaffner, qui constate cette évolution dans son chiffre d’affaires : « Il y a une dizaine, je faisais 80 % de mon chiffre en Alsace. Aujourd’hui, c’est 50 % en région parisienne, 20 à 30 % dans le Grand Est et le reste en Alsace… Avec la crise, toutes les entreprises du bâtiment ont appris à aller chercher le travail là où il est ».
Reprise molle dans le Grand Est
Préparée de longue date, la création de la FFB Grand Est a débouché sur un mode d’emploi a priori simple : aux fédérations départementales le travail au contact des entreprises adhérentes, la proximité, le quotidien ; Et à la fédération régionale, le travail de lobbying, au contact des élus et des grands donneurs d’ordres, nationaux ou locaux. Le président délégué de la FFB Grand Est, Rodolphe Lefevre, s’est chargé de rappeler les enjeux : « Le bâtiment dans notre région, c’est 9,1 milliards de chiffre d’affaires. Soit une baisse de 16 % depuis 2008 ». Une baisse inquiétante, d’autant plus que les dernières données statistiques montrent que la reprise de 2016 n’a pas eu le même effet dans le Grand Est que dans le reste de la France. La région est plombée par certains territoires qui ne connaissent pas le dynamisme des métropoles et des grandes agglomérations. « La fracture territoriale est très visible », appuie Jean-Marc Schaffner. Un président qui a déjà commencé à travailler sur le sujet et qui identifie un sujet majeur pour l’avenir des entreprises du bâtiment : « Dégager de la marge ». « Les années 2007, 2008 et 2009 ont contraint les entreprises à travailler au rabais. Désormais, ces prix bas sont une référence », détaille Jean-Marc Schaffner.
Autres chapitres de la feuille de route : la lutte contre la fraude au détachement, la formation des jeunes ou encore la rénovation énergétique des bâtiments. Le mandat sera bien rempli…