LDC et Sofiproteol (7 Mds€ de CA) ont attendu la clôture de la Bourse, le vendredi 17 octobre, juste avant l'ouverture du SIAL, pour annoncer leur projet d'alliance qui rebat profondément les cartes sur le marché national de la volaille. L'objectif des partenaires est de reconquérir le marché intérieur en développant les productions françaises et de réduire ainsi la part des importations. Elles atteignent 42 % actuellement toutes volailles confondues, mais 80 % sur le segment des produits intermédiaires destinés à la mise en oeuvre industrielle. Ils visent en conséquence à conforter la position de LDC, déjà leader national, comme acteur majeur de la volaille en Europe. Denis Lambert, P-dg de LDC, refuse pour l'instant d'annoncer un volume total : « nous pèserons moins de 40 % de notre marché national alors que dans les autres pays européens, le leader dépasse largement cette part. » Une information destinée à l'autorité de la concurrence. Le projet est soumis à son autorisation.
Reprise de six sites
Pour un montant que les deux partenaires se refusent à dévoiler, LDC reprend donc tous les outils d'abattage et transformation de Sanders situés en Bretagne : les abattoirs Boscher (Mûr de Bretagne, 22) et Keranna (Guiscriff) comme les outils de transformation Farmor (Guingamp, 22), Robichon (Saint-Thuriau,) et RVE (Crédin) ainsi que l'abattoir de Blancafort (18) qui va concentrer toutes les productions de PAI du groupe. Ce dernier l'avait racheté avec Duc ainsi que l'abattoir de Boynes (45) lors de la déroute de Doux en 2012. L'abattoir de Boynes a été fermé suite au départ de Duc en octobre dernier. L'ensemble représentant 330 M€ de chiffre d'affaires pour un millier de salariés. Les outils bretons sont, avec les six sites volaille de LDC en Pays de la Loire, apportés à une nouvelle société créée pour l'occasion : la Société Bretonne de Volaille au capital de laquelle Sofiprotéol entre pour un pourcentage qualifié de " très minoritaire " par Jean-Philippe Puig, dg de Sofiprotéol. L'alliance se traduit également par l'arrivée de Sofiprotéol au conseil de surveillance de LDC. Les deux groupes créent un comité stratégique pour suivre l'évolution de leur alliance ainsi qu'un comité technique co-dirigé par Stéphane Athimont pour Sofiprotéol et Philippe Guillet pour LDC garant du bon fonctionnement concret, dont l'apport de volailles fraiches.
100 millions d'euros d'investissements
LDC, qui investit actuellement dans la modernisation et l'agrandissement de ses sites de Sablé-sur Sarthe (10 M€ pour les produits transformés) et de Saint-Fulgent en Vendée (20 M€), prévoit un plan de 100 M€ sur cinq ans sur les outils qu'il reprend. Dans le même temps, l'accord privilégie Sanders et les sociétés Mix Science (firme service) comme Theseo (santé animale), comme fournisseur amont et apporteur de volailles. LDC aura donc deux principaux fournisseurs : Sanders et ses propres usines d'aliments. Sanders achète par ailleurs la seule usine de LDC amont qui ne produit pas d'aliments volailles (Huttepain Bouix, Sarthe). De son côté, Sanders annonce un plan de 75 M€ d'investissement sur cinq ans.