Pour être prêt le 4avril à 14h à l'ouverture de l'Atoll, la Compagnie de Phalsbourg s'est lancée dans un véritable contre-la-montre. À une semaine de l'événement, il fallait encore emménager dans les cellules commerciales, nettoyer les 2.700 places de parking, déverser l'enrobé, installer des bancs à 7.000euros, finir de planter les 580 arbres, les 15.000 arbustes et plantes, etc. La pose des 22.000 plaques de résine blanche constituant l'architecture en forme d'ellipse n'a pas échappé au défi.
Combien ça coûte?
Ensemble commercial HQE, le premier en France, l'Atoll de Beaucouzé est aussi le plus grand de l'Ouest. Ce projet qui voit enfin le jour, c'est aussi une histoire de chiffres. Et son propriétaire, Philippe Journo, P-dg de la Compagnie de Phalsbourg qu'il fonda en 1989, ne se prive pas pour les énoncer. Le promoteur a engagé 145millions d'euros pour le confort de ses futurs clients, répartis sur une zone de chalandise de 800.000 habitants sur cinq départements. «L'Atoll va révolutionner l'offre commerciale de la région, grâce à un projet urbain inédit, qui transforme l'entrée de ville en répondant aux nouvelles attentes des consommateurs.» L'homme croit en son concept et il n'a pas peur des inimitiés. Le verbe haut, il ne prend pas de pincettes pour toiser ses détracteurs. «On avait promis de protéger le centre-ville et on l'a fait, en refusant la Fnac par exemple. Mais si les commerçants d'Angers savent s'entendre pour ne pas venir à l'Atoll, ils doivent aussi le faire sur autre chose, par exemple sur les prix...»
Bisbilles en coulisses
Sil'oeuvre en forme d'ellipse de Vincent Parreira et Antonio Virga est une réussite esthétique, elle n'a pas pu cacher les troubles vécus en coulisses depuis deux ans et le démarrage du chantier. Les relations entre la Compagnie de Phalsbourg et les acteurs institutionnels et économiques locaux se sont tendues. D'Angers ou de la place Vendôme à Paris, siège social du promoteur, les visions divergent. La raison principale: la commercialisation des 71.000m² de surfaces de vente. Dédié au départ à l'équipement de la maison, le concept a partiellement évolué. La conjoncture rendant la commercialisation plus compliquée, le promoteur a obtenu 8% d'équipement de la personne. Lors de l'inauguration, il restait 7.000m² de surfaces disponibles. Une enseigne culturelle ou un cinéma - même réservé aux Ponts-de-Cé Philippe Journo garde un espoir - un gestionnaire d'aire de jeux et une surface alimentaire sont attendus. Le promoteur se donne moins d'un an pour les contractualiser.
Nouveaux concepts
Répartis en cinq pôles, cinquante enseignes, avec 800 emplois dont 400 nouveaux, ont répondu favorablement à l'appel.Certaines viendront tester de nouveaux concepts. La locomotive Aliéna, pour qui le parc a été construit, inaugurera son plus grand magasin (17.000m²). La Boucherie arrive avec Low, un concept de restauration à bas coûts. Dans une cellule de 280m², on y servira des burgers, des pâtes, des sandwichs pour de 4euros environ. «On fait un test d'une année complète avant peut-être de dupliquer le modèle», explique Christophe Mauxion, directeur général du groupe de restauration. En terme d'impact, les prévisions tablent sur 2 à 3millions de visiteurs par an et un chiffre d'affaires global, en vitesse de croisière, de 140millions d'euros. L'évaluation de la réussite du concept se fera dans trois, voire cinq ans. «C'est un monde vivant. Des enseignes changent leur stratégie, d'autres disparaissent ou n'obtiennent pas le financement bancaire», précise-t-on avec prudence du côté du promoteur immobilier dont la valeur du patrimoine atteindra un milliard fin 2012.
L'Atoll en chiffres
145M€ d'investissement 91.000m² de surface shon (71.000m² d'espaces de vente) 60.000m² d'espace verts 2.700 places de parking 50 enseignes