Alors que la classe politique française a les yeux rivés sur New York et l'affaire DSK, à Saint-Étienne, c'est l'affaire pergola qui suscite l'indignation d'un certain nombre d'élus et d'acteurs économiques. Dans le cadre du projet Coeur de Ville, le maire de Saint-Étienne, Maurice Vincent, projette de construire une pergola sur la place de l'Hôtel de Ville. Si l'idée peut paraître séduisante, c'est bien la question du coût qui fait débat. «1,6M€ pour une pergola! En cette période de crise et de difficultés pour nombre de Stéphanois, c'est indécent», commentait récemment le chef de file du Modem, Gilles Artigues. Une analyse partagée par l'ensemble de l'opposition... Et sans doute par bon nombre de Stéphanois, qui depuis trois ans n'entendent parler que de dette abyssale et de gestion rigoureuse de l'argent public. Certes, ces 1,6M€ devraient bénéficier à des entreprises ligériennes. Cela étant, il convient de s'interroger sur les retombées d'un tel équipement. Améliorer l'éclairage public, rendre plus agréable la traversée piétonne, offrir un abri pour les intempéries, un espace ombragé en été... Oui, mais est-ce que cela suffira à faire revenir le chaland en centre ville? Quels bénéfices en tireront les commerçants? Autant de questions qui méritent d'être posées au regard de l'investissement. Pragmatique, Maurice Vincent a posé une question pleine de bon sens concernant le projet de fusion entre Saint-Étienne Métropole et le Pays de Saint-Galmier. «En ces temps de crise, peut-on se passer du coup de pouce de l'État qui apportera 8M€ supplémentaires en Dotation globale de fonctionnement?» Je lui pose à mon tour une question : en ces temps de crise, peut-on se permettre d'investir 1,6M€ dans une pergola? @email
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