Les travaux de construction d'une nouvelle criée doivent débuter en février au port de pêche de Lorient Keroman. «Nous étions limités en espaces de froid contrôlé. Ce nouvel outil sera aux normes européennes et nous permettra de traiter un volume global plus important», explique Yves Guirriec, directeur du port. L'investissement portera sur près de 4,5M€. La livraison est attendue début 2011. La criée flambant neuve s'intégrera parfaitement aux nouveaux circuits qui ont tendance petit à petit à remplacer les anciens autour de l'anneau de Keroman.
22.000 tonnes
Avec des flotilles déployées sur le nord de l'Europe, plus de 60% de la production est désormais acheminée par camion. Et non plus seulement par la centaine de bateaux rattachés à Keroman. Le total annuel de produits de la mer est de 22.000 tonnes. Certes, on est loin des 70.000 tonnes d'il y a quarante ans. Mais avec l'apport parallèle des mareyeurs, les crevettes cuites de Capitaine Houat (6.000 tonnes), Krustanord (4.500 tonnes) ou les produits élaborés d'Halieutis, l'ensemble du port trouve de nouveaux équilibres. Avec même de la vente via Internet à des panels d'acheteurs à Concarneau, au Guilvinec ou à Dieppe. Des mutations nécessaires car la crise de la pêche perdure. «Le marché espagnol s'est effondré en 2009. Or il s'agit du premier consommateur européen de produits de la mer en Europe. Cela nous pose des problèmes pour la sole. Nous avons maintenu le tonnage mais avons chuté de 5% en valeur, notamment en Espagne et en Italie», constate Yves Guirriec. Sur 4.600 tonnes de pêche côtière, 2.300 tonnes partent vers les poissonniers et donc principalement vers le Morbihan, même si des livraisons ont lieu jusqu'à Rennes ou Angers. Pour les produits transformés, 70% sont destinés aux GMS françaises, 30% à la grande restauration nationale et à l'export.
L'investissement dans une nouvelle criée permet au port de pêche de Lorient de poursuivre sa nécessaire mutation.