Jean-Michel Chevalier, le patron de Keops Performance Group à Carquefou, n'est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Et tant mieux. Car dans un secteur industriel touché par les délocalisations, mieux vaut avoir une capacité à fidéliser ses clients et à saisir les nouvelles opportunités. Son groupe rassemble cinq petites entreprises dont le vaisseau amiral - Keops Automation -, réalise 5 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie 30 salariés. L'ambition de Jean-Michel Chevalier est forte pour cette entreprise qu'il vient d'engager comme chef de file d'un vaste programme de R & D avec des grands comptes comme Astrium, Areva, la PME nantaise Meteodyn spécialisée dans les phénomènes météorologiques et des partenaires académiques comme l'École des Mines de Nantes et le laboratoire d'informatique de l'Université.
Le marché mondial en ligne de mire
Le groupe Keops (60 salariés) est spécialisé dans l'optimisation de la performance industrielle et notamment dans la maintenance à distance et le monitoring des installations industrielles. Ses ingénieurs interviennent sur les lignes de production de grands groupes pour les rendre plus performantes. Ils installent des systèmes de surveillance, anticipent les défauts d'usure, assurent ce que l'on appelle le maintien en conditions opérationnelles des installations. Et l'idée de Jean-Michel Chevalier est de transférer cette compétence dans le secteur de l'éolien offshore, entre autres. Il vise le marché des parcs français, mais aussi mondiaux. C'est tout l'objet du projet « Hyperwind », colabellisé par les pôles de compétitivité EMC2 et le pôle Mer Bretagne. Ce programme de 36 mois financé à 40 % par le Fonds Unique interministériel et les collectivités, doit permettre de « faire en sorte que les machines tournent mieux et plus longtemps », explique le P-dg de Keops. Il s'agit donc d'outiller les installations, d'interpréter des informations, de donner des indicateurs à l'opérateur de maintenance afin qu'il sache comment et à quel moment intervenir. « Si une éolienne prend la foudre et qu'elle est mal utilisée, par exemple, ce sera extrêmement coûteux de la remettre en état », explique-t-il. L'objectif d'Hyperwind est aussi d'optimiser le fonctionnement des parcs en travaillant sur les configurations du champ en fonction des vitesses du vent, du fonctionnement des machines, pour maximiser la production. « On a besoin d'utiliser des technologies novatrices dans le domaine de l'instrumentation, dans le domaine de la capture d'informations sur les sites, des big data, dans le domaine des traitements et de l'analyse des données... », détaille Jean-Michel Chevalier qui vise aussi le marché global des énergies marines sous toutes leurs formes (éolien, hydrolien, énergie thermique des mers, houlomotrice).
Contrat pour l'EPR français
L'entreprise veut aussi se diriger vers le nucléaire. Elle n'en est d'ailleurs pas à sa première collaboration avec Areva. En 2009, Keops Automation a remporté un marché pour développer un système de monitoring du réacteur nucléaire de troisième génération, l'EPR français en construction à Flamanville et dont la livraison est attendue pour 2016. Elle vise désormais l'EPR anglais.
Éolien offshore Avec Areva, Astrium et l'école des Mines, le groupe Keops lance un programme de R & D pour rendre plus performants les champs éoliens offshore.