«Ma mère me disait que je finirai instituteur si j'étais bon élève et facteur ou gendarme si je ne travaillais pas à l'école. Cela va de soit, elle m'imaginait devenir gendarme». Jean Soulé-Dupuy, président de la FFB (Fédération française du bâtiment) Gironde, n'était peut-être pas fait pour les études, mais a trouvé sa voie en dirigeant les hommes. Né en Ariège de parents agriculteurs, il a quitté très tôt le nid familial pour le pensionnat du centre d'apprentissage, puis le tour de France des Compagnons du devoir. 7 ans à arpenter les villes et les chantiers: «C'était très enrichissant car j'ai découvert tous les modes constructifs, se souvient Jean-Soulé Dupuy. Et il ne faut pas tout résumer au métier. Nous avions les cours du soir pour nous instruire et, évidemment, l'occasion de faire de belles rencontres». À Bordeaux, il croise Isabelle, qui deviendra son épouse.
Marqué par la crise de 1993
Jean Soulé-Dupuy débute sa carrière professionnelle chez Socae en 1968. Il y restera pratiquement 30ans, comme chef de chantier, puis coordinateur, conducteur de travaux, directeur de travaux et finalement directeur d'une filiale active dans le gros oeuvre. «C'était les 30 glorieuses, l'évolution était facile, l'ambiance était bonne et le carnet de commande se remplissait tout seul, déclare Jean Soulé-Dupuy. Et en plus, nous étions bien payés!» Le retournement de conjoncture est brutal, avec, en 1993, la crise qui frappe de plein fouet le secteur du bâtiment. Une période longue et difficile qui a profondément marqué l'entrepreneur: «Nous avons connu des plans de restructuration en cascade. Ca n'arrêtait plus. Et quand nous montions sur le toit de l'entreprise, nous cherchions les grues dans Bordeaux. Il n'y en avait plus une».
46 salariés chez JSD et Tonel
En 1997, alors que la crise immobilière est toujours prégnante, Jean Soulé-Dupuy décide de quitter Socae pour monter son entreprise générale de bâtiment. JSD se spécialise dans la construction de bureaux. Afin de compléter son offre, le chef d'entreprise fait l'acquisition, en 2000, de la société Tonel. «Alors que JSD faisait du neuf, Tonel était spécialisé dans la réhabilitation», explique Jean Soulé-Dupuy. Les deux entreprises, implantées à Pessac, connaissent une belle réussite et emploient aujourd'hui 46 personnes.
Du temps pour la FFB
Didier Soulé-Dupuy, le fils de Jean, a pris les rênes des affaires familiales il y a 3 ans. Le fondateur de JSD décide alors de s'investir dans le monde syndical. «J'étais membre de la FFB Gironde depuis 1990 mais je ne voulais pas prendre de mandat trop important tant que je dirigeais mon entreprise, indique Jean Soulé-Dupuy. Autodidacte, celui-ci veut rendre à la société, et aux métiers de la construction, ce qui lui a été offert. «Le bâtiment est une grande famille, considère Jean Soulé-Dupuy. En devenant président de la FFB Gironde, je voulais avant tout que les adhérents se connaissent mieux et aider les jeunes à se lancer».
Fidèle en amitié
Même si son engagement syndical occupe une bonne part de son agenda, Jean Soulé-Dupuy a conservé un bureau chez JSD. Difficile de quitter la société que l'on a créée quand on est un entrepreneur dans l'âme et autant attaché à sa famille. Chez JSD, le président de la FFB Gironde peut profiter des nombreuses photos de ses six petits enfants exposées dans son bureau et côtoyer son fils. Ce dernier loue chez son père «sa générosité de coeur et sa fidélité en amitié». «Je suis également colérique et têtu», admet Jean Soulé-Dupuy. Des traits de caractères qui font de lui un homme exigeant et respectueux de la parole donnée. Lui qui craignait plus que tout les vols en avion a appris à voler. Il s'était promis de passer son permis bateau et de posséder une maison sur le bassin d'Arcachon, c'est chose faite. Parmi ses engagements futurs: arrêter toutes ces activités patronales à 70ans.
Président de la FFB Gironde depuis 2 ans, Jean Soulé-Dupuy est un autodidacte qui a trouvé sa voie grâce aux compagnons du devoir. Désormais détaché de la direction de ses entreprises, il souhaite, avec son mandat, rendre aux métiers de la construction ce qui lui a été offert.