Jean-Christophe Giroux, Manitou se fixe l'objectif de doubler de taille à horizon 2015. Quels sont vos leviers pour atteindre ce niveau?
Cette ambition passe par de la croissance organique avec des clients qui continuent à renouveler leur parc et d'autres qui l'étendent. Nous continuons aussi notre expansion sur les pays émergents. À côté de cette croissance organique, Manitou ne s'interdit rien, qu'il s'agisse de partenariats ou d'acquisitions.
Après la crise, vous avez les moyens pour une opération de croissance externe?
Beaucoup pensent que parce que Manitou est une entreprise familiale, nous n'aurions pas les moyens de nos ambitions. C'est faux. Nous en avons parlé avec les actionnaires. Nous sommes prêts à saisir des opportunités. On met le nez à la fenêtre et si on trouve quelque chose de pertinent, nous le ferons. Cela pourra se faire de nombreuses façons, par de la dette, une ouverture de capital, etc.
L'émission obligataire «Micado France 2018» lancée par Accola, Investeam, Middlenext et Portzamparc Gestion pour une vingtaine d'ETI pourrait y contribuer?
Ce projet de financement nous intéresse
mais
le montant envisagé pour nous est de l'ordre de 10 à 20millions d'euros. On sera ravi de lever cet argent mais cela reste relativement peu face à nos perspectives.
Où en sont vos relations avec vos fournisseurs, notamment régionaux?
La crise nous a
montré que certains d'entre eux étaient beaucoup trop dépendants de nous, parfois dans des proportions obscènes. Nous avons eu aussi notre part de responsabilité dans ce dossier mais nos process se sont améliorés. Nous avons parlé de ces problèmes de dépendance avec eux pour qu'ils se diversifient. Beaucoup le font et cela porte ses fruits, comme par exemple pour la SAH Leduc à Ligné (NDL : lire page 15) . Nous nous attachons aujourd'hui à expliquer à ce réseau de sous-traitants que l'on passe la vitesse supérieure et qu'ils doivent se projeter dans un avenir différent. Aujourd'hui on leur donne de la visibilité, à eux de s'interroger sur leur capacité à nous accompagner et dans quelle mesure.
Directeur général du groupe Manitou, Jean-Christophe Giroux revient pour le Journal des Entreprises sur les objetifs et la stratégie du leader mondial du chariot élévateur.