« Depuis l'âge de 7 ans, je voulais diriger une entreprise. J'ai construit tout mon parcours scolaire (diplômé de l'Essca d'Angers) et ma vie professionnelle pour ça. Après une première tentative de reprise en 2013 qui s'est soldée par un échec, je me suis tourné vers Alugo, une entreprise choletaise de conception, fabrication et pose de menuiseries alu, placée en redressement en décembre 2013 (27 salariés, 10 M€ de CA mais un résultat négatif). Je sais que 3 entreprises sur 7 reprises à la barre du tribunal finissent dans le mur... mais il y en a qui repartent. C'était également une question de budget, je ne disposais pas de gros moyens. Avec 3 cadres d'Alugo, associés au projet de reprise, nous avons déposé un dossier qui a été accepté par le tribunal le 5 février 2014. Il incluait le départ de 8 des 27 salariés. Il y a eu des moments difficiles, mais nous sommes repartis immédiatement sur les chantiers, nous disposions d'un carnet de commandes de 1,2 M€. Et quand on est engagé à titre personnel, comme c'est le cas pour moi, on s'arrange pour que ça fonctionne. J'ai réorganisé la production, épuré, j'ai évacué tous les chantiers parisiens qui étaient beaucoup trop loin pour concentrer l'activité sur une zone qui va de Rennes à Nantes et de La Roche-sur-Yon à Niort. J'ai également procédé à un rééquilibrage entre chantiers publics et privés tout en éliminant le modèle du " gros " client qui fait 30 % du chiffre. Le choix a été de conserver le nom Alugo en ajoutant SN devant, il n'y avait pas d'argent à dépenser pour une nouvelle signalétique ou un nouveau site internet. Dès 2014, j'ai recruté deux anciens salariés d'Alugo, un acheteur et un dessinateur. Un de nos apprentis est actuellement en cours d'embauche. »
« Je pensais que ça allait prendre davantage de temps... »
« En novembre 2014, 10 mois après la reprise, nous avons fait notre première situation comptable. Nous avions facturé 2,5 M€ et nous avions 32.000 € de bénéfices. Je savais qu'on était positif, mais pas à ce niveau-là et aussi vite, je pensais que cela allait prendre davantage de temps. Nous avons redressé la barre en 10 mois ! Nous avons clos notre premier exercice au 31 mars 2015 à 3,3 M€ avec un EBE de 62.000 € et nous avons une bonne visibilité sur notre carnet de commandes. Aujourd'hui, on consolide, l'objectif est d'être rentable. Nous avons d'anciens clients, mais nous en avons aussi des nouveaux. Depuis quelque temps, nous sommes " rentrés " chez Bouygues, ils nous consultent pour toutes leurs opérations sur la région. Nous avons redoré le blason de l'entreprise. Nous allons même investir autour de 65.000 € cette année pour l'achat d'une plieuse. Nous sous-traitons cette activité pour l'instant, or nous avons besoin de réactivité et d'autonomie dans nos métiers. Et avec ce nouvel équipement nous pourrons peut-être proposer le pliage à d'autres sociétés et ainsi diversifier nos marchés. »
Son Défi En février 2014, Stéphane Brossard reprenait Alugo (devenue SN Alugo) à la barre du tribunal de commerce. Seulement 10 mois plus tard, le fabricant et poseur choletais de menuiseries alu renouait avec les bénéfices.