« Après un parcours professionnel au sein du groupe Lagardère où j'avais des responsabilités sur des marchés liés à l'aéronautiques, au domaine militaire et spaciale. Passée la quarantaine et avec l'envie d'un rapprochement familial, j'avais en tête de me lancer mais en reprenant une société.
800 sociétés ciblées
Je suis besogneux et méthodique. J'ai eu recours à la base documentaire Diane. J'ai entré plusieurs critères : l'âge des dirigeants : plus de 55 ans, un chiffre d'affaires inférieur à 4 M€, des résultats bénéficiaires sur les trois dernières années, et un rayon de 100 à 150 km autour de mon domicile établi au sud de Vannes. 800 sociétés répondaient initialement à ces critères. J'ai affiné pour arriver à 200 à qui j'ai adressé un courrier. Peu ont répondu. J'en ai rappelé une centaine dont Arinox, à Saint-Avé. La secrétaire de l'entreprise a bien fait son travail et filtrait les appels. J'ai fini par la mettre dans la confidence et préciser l'objet de mon appel. C'était risqué car elle pouvait dévoiler l'information en interne et créer une inquiétude dans le personnel. Je lui ai donc dit qu'elle était l'avocat de mon dossier et qu'elle devait le défendre. Trois jours plus tard, Claude Ferré, le dirigeant d'Arinox m'éconduit gentiment en me disant que son entreprise n'est pas à vendre. Il croyait que je le démarchais pour un cabinet. J'ai rebondi là-dessus.
« M. Foucher, vous m'empêcher de dormir !
» Nous nous sommes donc rencontrés dans un café et avons parlé de tout et peu d'Arinox. Tout au plus 15 mn. Il m'a rappelé que son entreprise n'était pas à vendre tout en me proposant de visiter sa société. Après cette visite, Claude Ferré m'a rappelé : « M. Foucher, vous m'empêchez de dormir. J'ai parlé de votre venue à ma femme. Elle me demande de réfléchir à votre offre mais il faut me laisser du temps, je ne suis pas prêt à céder. » Un rythme de rencontres s'est instauré dans le même café, une dizaine de fois en 3-4 mois. Je lui ai alors remis une lettre d'intérêt car je voulais matérialiser ma démarche. La clôture du bilan 2012 m'a permis d'affiner ma proposition financière. D'échanges en échanges, j'ai compris que nous entrions en négociation. Le 1er juillet, j'ai donc repris Arinox, une entreprise qui n'était pas à céder. L'accompagnement a duré trois mois pendant lesquels le cédant m'a confié : « Je ne vous vends pas ma société, je vous la transmets. » Nous avons eu un vrai partenariat et une véritable transmission de savoirs. Je lui ai proposé de rester jusqu'à Noël, il est intéressé.
Un projet de cluster privé
Arinox compte une vingtaine de salariés et réalise en moyenne entre 1,5 et 1,8 M€ de chiffre d'affaires. Elle dégage du résultat net : 42.000 €. Elle intervient dans le secteur de la tôlerie fine. Nous travaillons surtout l'inox. 50 % de notre activité dépend de l'agroalimentaire suivi de l'industrie chimique et pharmaceutique. Nous avons une troisième activité, un peu moins connue, qui est l'agencement. Sur tous ces marchés, notre spécificité est d'être dans le surmesure et les petites séries. Pour le futur, mon objectif premier est de rembourser la dette senior mais aussi de conforter mes partenaires actuels suite à cette reprise. Les périodes de reprise et de transmission sont nébuleuses aussi bien pour les salariés que les clients. À moyen terme, j'ai le souhait de développer des machines spéciales dans l'agroalimentaire. Je projette d'avoir notre propre ligne de produits et de les vendre à l'export. C'est un projet à 24 - 36 mois. Mon expérience à l'international et ma connaissance des règles douanières associées au fait que je sois bilingue devraient être des plus je l'espère.Nous n'irons pas à l'export seuls. L'idée est de se rapprocher de sociétés locales et de monter un cluster privé. »
L'enjeu Ancien cadre du groupe Lagardère, aguerri à l'international, Yannick Foucher souhaitait reprendre une société. Il a trouvé chaussure à son pied avec Arinox, à Saint-Avé. Une reprise avec des péripéties digne d'un feuilleton avec une happy end.