Sur son siège de Tarascon, ville où elle est née voici près de 50 ans à l’initiative de Michel Féral, l’entreprise Isotec Invest fait coup double : renforcer son autonomie énergétique avec la couverture de sa toiture par 354 panneaux photovoltaïques sur près de 800 m² et faire de son installation, combinée à un stockage sur batteries, le démonstrateur d’un savoir-faire qu’elle entend déployer auprès de particuliers, bailleurs sociaux, collectivités, entreprises…
La PME est spécialisée historiquement dans le désamiantage de bâtiments dans toute la France avec sa filiale Isolea et dans la rénovation énergétique, la protection incendie et l’isolation thermique avec sa seconde filiale Isolis. Avec ses 70 salariés et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’entreprise a en effet décidé d’investir le secteur solaire, dans un contexte de restrictions des aides aux ménages et de nouvelles contraintes réglementaires imposées par l’État aux entreprises. Le décret tertiaire fixe à ces dernières un objectif de 40 % de réduction de la consommation énergétique pour tout édifice de plus de 1 000 m² à l’horizon 2030. "Les prix de l’énergie vont continuer à augmenter. De plus en plus de professionnels en prennent conscience et font réaliser des audits énergétiques pour mener leur transition. Le marché devrait vraiment démarrer vers 2027-2028. Nous anticipons pour apporter à notre société de la robustesse et de la pérennité. Nous comptons déjà deux installations chez des particuliers avec des retours satisfaisants sur un taux d’autoconsommation de 90 % cet été", explique la présidente d’Isotec Invest, Émilie Féral, fille du fondateur.
Stratégie globale de réduction des consommations
La centrale implantée sur la toiture possède une capacité de 177 kWc. Elle est combinée à des batteries (62 kWh) pour stocker les surplus d’énergie et les restituer lorsque la production des panneaux s’atténue. Pour déployer son offre photovoltaïque, Isotec Invest s’appuie sur un partenaire, Sungen, en charge des études techniques et des démarches administratives pour le montage des dossiers. L’idée est de généraliser une solution clés en main, de la conception à la maintenance, en passant par l’ingénierie financière. Grâce à un investissement sur quatre ans de 250 000 euros qui a porté non seulement sur la centrale mais sur les changements de luminaires, le renforcement de l’isolation thermique ou l’acquisition de pompes à chaleur, l’entreprise a fait chuter la consommation énergétique de son bâtiment de 20 %. La mise en service de ses panneaux et batteries devrait l’amener à – 80 %, largement au-dessus des exigences françaises et européennes à 2030. "L’opération nous donne une meilleure maîtrise de nos coûts énergétiques", complète le directeur général, Julien Bernard. "Notre siège devient un laboratoire vivant", souligne Émilie Féral. Pour prospecter des clients, pas question d’envoyer des collaborateurs taper aux portes, mais la PME, via Isolis, va promouvoir sa nouvelle activité en Provence pour susciter des sollicitations. "Nous fournissons une offre complémentaire à nos clients pour les aider à réduire leur dépendance au réseau électrique et leur redonner du pouvoir d’achat en reprenant la main sur leur consommation", résume-t-elle.